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NANOUK, L'ESQUIMAU (NANOOK OF THE NORTH)
1922 - États-Unis | France
78' - 1,33:1 - N&B - Silencieux
RéalisationRobert Flaherty
MusiqueL. Levy
Musique (version restaurée 1998)Timothy Brock, interprétée par The Olympia Chamber Orchestra
CHANG, UN DRAME DE LA VIE SAUVAGE (CHANG : A DRAMA OF THE WILDERNESS)
1927 - États-Unis
70' - 1,33:1 - N&B - Silencieux
RéalisationMerian C. Cooper & Ernest B. Schoedsack
ScénarioAchmed Abdullah
ImageErnest B. Schoedsack
Projection Cinéclub19/10/2022 à 12h45

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Nanouk l’esquimau / Chang, un drame de la vie sauvage

Le mythe du primitif

L’écologie peut s’entendre comme le rapport de l’être humain à son milieu. Nanouk, L’esquimau, référence classique du cinéma documentaire s’attache à rendre au spectateur occidental le monde fascinant des inuits, qui lui était jusque là inconnu et inaccessible. Le spectateur de 1927 ne découvre pas seulement le monde de la banquise, des canoës et des igloos ; avec Chang ou un drame de la vie sauvage, autre chef-d’oeuvre sorti la même année, la luxuriance de la végétation tropicale et la dangerosité de la faune vietnamienne ne manquent pas de le surprendre.

Mais comment rendre le naturel par la fenêtre de l’appareil photographique ? Voici la question que pose ces deux films. Si Nanouk est réputé être une occurrence pionnière et fondatrice du cinéma documentaire, l’oeuvre de Schoedsack et Cooper se présente comme une fiction, dont le scénario, est inspiré de la réalité quotidienne de la population locale, avec qui le film est tourné au coeur de la jungle. La différence entre les deux films est pourtant plus artificielle qu’il y paraît. Car entre anthropologie, fiction ethnographique, reconstitution, où est concrètement passée la véritable vie de l’inuit Allakariallak, embauché pour jouer le personnage de Nanouk – et qui mourra de faim peu de temps après le tournage lors d’une de ses expéditions de chasse ? Au fil des révélations, le fossé entre fiction et réalité se creuse, et le spectateur contemporain averti peut s’interroger sur la nature de la « reconstruction » dont Nanouk fait l’objet. La facticité est en effet partout dans ces images du Grand nord. Faux prénoms, faux liens de parenté, mise en scène de chasse au harpon alors que les inuits utilisaient déjà des fusils pour chasser les phoques, faux mode de vie sauvage là où les inuits et leur environnement étaient déjà colonisés depuis longtemps.

Fantasme de l’homme blanc à destination commerciale d’un public occidental, le film reste une leçon pour tous les cinéastes et cinéphiles, et un cas d’étude pour les amateurs de documentaires. Faire un film, c’est choisir un angle, un point de vue, et des personnages, et parfois une mise en scène. Flaherty ne s’en est pas privé, ce qui a pu tardivement lui être reproché.

Le visionnement comparé, voire critique, de Chang et de Nanouk, permet de s’interroger sur ces questions, sur le rapport de la réalité au film censé en rendre compte, ou encore sur la quantité d’informations à livrer au spectateur sur les procédés filmiques ayant abouti au produit fini qu’il s’apprête à regarder.

Alexandrine Mas
CHANG (1927)
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