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La Croissance des végétaux / L’Hippocampe / Microcosmos

Une nature à l’échelle

Durant toute notre existence, nous portons en nous le sentiment de notre unicité, de notre irréductible individualité. Pourtant, comme l’ensemble des êtres vivants qui nous entourent, des bactéries aux papillons et des fleurs aux oiseaux, nous sommes, chacun, composés de cellules, les plus petites entités autonomes du vivant, capables de puiser leurs ressources dans l’environnement, de se pérenniser et de se reproduire en se dédoublant. »1AMEISEN, Jean-Claude. « Quand la forme en une autre s’en va… la mort et la sculpture du vivant », Études sur la mort, 2003, p. 97

La caméra est comme un œil, qu’on pourrait déplacer à sa convenance, pour observer ce qui, justement, nous échappe. Le médium cinématographique s’émancipe des contraintes humaines d’unicité et d’individualité et donne à voir l’invisible. C’est la visée portée par les trois films proposés dans cette séance, qui ont su se placer à hauteur des êtres vivants, parfois microscopiques, pour en observer les facettes les plus intrigantes. Portés par une vision scientifique et documentaire, ces films ont, par l’utilisation inventive de moyens techniques, permis un accès privilégié à un monde caché à nos yeux.

L’Hippocampe et la Croissance des végétaux sont des fragments d’un immense travail scientifique porté par deux auteurs singuliers, oeuvrant aux confins de la biologie et du cinéma. Alors ces sujets d’études, ces films, deviennent des spectacles. Des chorégraphies, quand des plantes se transforment en danseuse de ballet, animées par le temps, que le cinéaste accélère à sa guise. Des représentations de théâtre quand la dramaturgie de la vie de chevaux marins apparaît au spectateur : ils vivent, s’aiment sans doute, et meurent.

Microcosmos : Le peuple de l’Herbe est autant une évolution moderne du travail des précurseurs Comandon et Painlevé qu’une grande (r)évolution technique. Le film est un exercice de mise en scène, de reconstitution en plateau, avec des acteurs et actrices à multiples pattes et antennes. Le film est une expérience sensible, qui laisse jusque dans son accompagnement sonore la place à l’expression des insectes. Ces derniers, crédités individuellement comme acteurs (et par ordre d’apparition) dans le générique, jouent littéralement dans Microcosmos le rôle de leurs vies.

Maxime Rodriguez-Grojeanne

Jean Comandon_la croissance des végétaux
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    AMEISEN, Jean-Claude. « Quand la forme en une autre s’en va… la mort et la sculpture du vivant », Études sur la mort, 2003, p. 97
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