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1993 – France
75' – Couleur
RéalisationRadovan Tadić
MusiqueSamuel Barber, Dimitri Chostakovitch
ImageFranck Moatti, Radovan Tadić
AvecAnes et Begzada Rasidkadić, Senada Dedukić, Jasmine, Abdullah Nakas...
Fiche IMDBhttp://www.imdb.com/title/tt0108502
Projection Cinéclub03/04/2013 à 12h45

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Les Vivants et les morts de Sarajevo

Radovan Tadić, cinéaste d’origine yougoslave, réalise seul, avec une caméra, pour « montre[r] non seulement la réalité du chaos, mais sa substance, quelque chose qu’on ne connaissait pas, le rythme de cette ville, les silences, les temps morts, les pensées intimes de ses habitants. »1BAULUZ Javier, « Derrière les images reçues », Le Monde, 09/10/1993. Ces mots décrivent bien l’ambition majeure de ce documentaire, qui fut tourné pendant la période hivernale 1992-1993, neuf mois après le début du conflit en Ex-Yougoslavie.

Tadić rencontre, suit et dialogue avec les habitants d’une ville martyre, allant au-delà des « temps-morts » pour décrire plutôt « une ambiance de mort, de désespoir sans issue. »2Propos de Radovan Tadić recueillis par NINEY François, dossier de presse Arte, revue de presse Archipel 33. Cette impression nait d’incroyables plans de ruines dont la fin de l’enneigement reflète les rares rayons du soleil. De ce sublime paysage émane un profond silence, une apparente sérénité qui éclate par les bruits du conflit armé, ramenant les habitants à la réalité de la guerre.

Le réalisateur met en avant le quotidien à Sarajevo. Il s’attarde sans artifices sur des médecins, des jeunes mariés, mais également sur un adolescent, Jasmine, qui erre dans une ville désolée afin de chercher de quoi manger, boire, se chauffer… Cet enfant privé de son insouciance devient un symbole, celui de la disparition d’une part nécessaire à son âge, l’innocence. Tadić déclare que « les gens sont déshumanisés, [qu’] ils perdent la richesse de la différenciation, réduits qu’ils sont à deux ou trois intérêts de base. »3Ibid. Cependant, malgré la mort, la destruction matérielle et humaine, tous ces survivants espèrent, soit en s’imaginant le futur, soit en le façonnant par le mariage : ces attitudes font de ces hommes et de ces femmes davantage des vivants parmi les morts.

Marie Sébastia
  • 1
    BAULUZ Javier, « Derrière les images reçues », Le Monde, 09/10/1993.
  • 2
    Propos de Radovan Tadić recueillis par NINEY François, dossier de presse Arte, revue de presse Archipel 33.
  • 3
    Ibid.
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