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2008 – Iran
94' – Couleur - Dolby Digital
RéalisationAbbas Kiarostami
ImageMahmoud Kalari
AvecGolshifteh Farahani, Leila Hatami, Niki Karimi, Taraneh Alidoosti, Mahnaz Afshar, Juliette Binoche ...
Fiche IMDBhttp://www.imdb.com/title/tt1284587
Projection Cinéclub23/04/2014 à 12h45

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Shirin

Shirin hérite du dispositif d’un court métrage de la série Chacun son cinéma intitulé Where is my romeo, lui-même inspiré d’une expérience vidéo Lookin at Ta’zyé menée par le cinéaste en 2004.

Le Ta’zyé est une forme de théâtre religieux tragique propre à l’Islam Chiite : « les spectateurs pleurent et réagissent comme si l’évènement avait lieu sous leurs yeux pour la première fois. Dès le début, le metteur en scène du Ta’zyé annonce que nous sommes là pour pratiquer le deuil, pleurer et faire pleurer. Et ce sont surtout les femmes qui pleurent. »1Youssef Ishagpour, Kiarostami II – Dans et hors les murs , Circé poche, Paris, 2012, p.47.

Pour mettre en place, cinématographiquement, ce dispositif, Kiarostami réunit une soixantaine d’actrices iraniennes, qu’il filme une à une ou en petit groupe pendant 6 minutes, demandant à chacune de penser à sa propre histoire d’amour. Il découpe ensuite le matériel tourné pour le remonter en fonction du déroulement de la tragédie amoureuse qu’elles n’ont pas vu mais qu’elles sont censées regarder à l’écran. La fiction va naître de leur réaction face au film Shirin qu’elles regardent mais dont le spectateur n’entend que la bande sonore. Le film regardé raconte l’histoire mythique de Khosrow et Shirin tombés amoureux l’un de l’autre par la seule vision d’un portrait gravé.

L’expressivité des visages, saisis en gros plan, « qui n’est autre que le spectacle de l’âme en mouvement, les palpitations des coeurs qui aiment, qui espèrent et qui souffrent »2François Fronty, « Shirin au cent visages », Cahiers du cinéma, n°642, février 2009, p.80. , évoque le travail du peintre sur la toile et la lenteur du défilement permet de détailler chaque visage. Le temps détermine un sentiment d’identification du spectateur par rapport à son double projeté à l’écran : « C’est mon intérêt profond pour le spectateur qui est le sujet de mon film Shirin. »3Abbas Kiarostami, http://lci.tf1.fr/cinema/news/conversation-avec-abbas-kiarostami-shirin5650098. html, consulté le 05/04/2013.

Emmanuelle Ligero
Shirin, directed by Abbas Kiarostami(2008)
  • 1
    Youssef Ishagpour, Kiarostami II – Dans et hors les murs , Circé poche, Paris, 2012, p.47.
  • 2
    François Fronty, « Shirin au cent visages », Cahiers du cinéma, n°642, février 2009, p.80.
  • 3
    Abbas Kiarostami, http://lci.tf1.fr/cinema/news/conversation-avec-abbas-kiarostami-shirin5650098. html, consulté le 05/04/2013.
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