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Infos détaillées

RHYTHM
1957 – Nouvelle-Zélande
1' – N&B - Sonore
RéalisationLen Lye
TANGO
1981 – Pologne
8' – Couleur - Sonore
RéalisationZbigniew Rybczyński
LE VILLAGE DES DAMNÉS (VILLAGE OF THE DAMNED)
1960 – Royaume-Uni
77' – 1,85:1 - N&B - Mono
RéalisationWolf Rilla
ScénarioStirling Silliphant, Wolf Rilla et Ronald Kinnoch (sous le pseudonyme George Barclay)
MusiqueRon Goodwin
ImageGeoffrey Faithfull
AvecGeorge Sanders, Barbara Shelley, Martin Stephens, Michael Gwynn, Laurence Naismith, John Phillips, Richard Vernon, Jenny Laird...
Fiche IMDBhttps://www.imdb.com/title/tt0054443/
Projection Cinéclub08/12/2021 à 12h45

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Rhythm / Tango / Le Village des damnés

Multiplication, production en série, uniformisation, autant d’explorations conceptuelles qui rappellent la célèbre dispute entre Parménide et Héraclite, entre l’immuabilité et l’impermanence des choses. Aussi, cette séance a-t-elle l’ambition d’explorer, dans le principe même de multiplication, cette philosophie de l’un et du multiple.
Rhythm capture, au rythme des machines, les pulsations de l’usine : lieu où le moule produit des objets par nature uniformes mais étrangers, origine matricielle de la toute puissante production en série. Dans Tango, la multiplication et le croisement de boucles narratives diffusent la sensation que l’on ne se baigne jamais dans la même image : toujours recommencés, les destins des personnages se croisent mais jamais ne se touchent. De son côté, Le Village des Damnés instaure l’idée inquiétante d’une matrice utérine extraterrestre, déclinant ainsi à partir du concept de multiplication l’idée d’une uniformisation surnaturelle.

Neuf mois après un inexplicable black-out qui frappe les habitants du village de Midwich, les femmes accouchent d’une série de bambins blonds aux caractéristiques physiques identiques, interconnectés et dotés de pouvoirs surnaturels : ils ne font qu’un.Nombreux sont les observateurs de l’époque à avoir vu dans Le Village des damnés, de par la sobriété de sa mise en scène et la profondeur esthétique de son traitement de l’étrange, une possible ouverture vers un cinéma de science-fiction « d’un genre plus littéraire, substituant au fantastique visuel un merveilleux purement intellectuel fondé sur des extrapolations sociologiques, psychologiques ou morales »1TÖRÖK Jean-Paul, « Le Village des Damnés, le massacre des innocents », Positif, n048, octobre 1962, p.70..

Rilla prend soin d’introduire, au sein de sa recherche minutieuse du naturel, un irrationnel suggestif ne prenant visuellement corps que dans les yeux scintillants de ses jolis monstres à l’intelligence pétrifiante. La toutepuissance de leurs regards uniformes et insensibles, voilà la source de leur inhumanité glaçante.
Ainsi, confrontés à la lente et inéluctable uniformisation des têtes blondes et mis face à leur profonde altérité collective, les « parents » se retrouvent progressivement en proie à une cruelle désillusion. Une mise en garde certaine face à l’uniformisation des psychés du monde moderne.

Rémi Chazot
Village of the Damned (1960) Official Trailer - George Sanders, Peter Vaughan Movie HD
  • 1
    TÖRÖK Jean-Paul, « Le Village des Damnés, le massacre des innocents », Positif, n048, octobre 1962, p.70.
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