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Traduire en haïkus l’expérience sensible de Tropical Malady

Le mercredi 30 novembre 2022, les étudiant·e·s de l’atelier d’écriture critique ont vu et entendu Tropical Malady (2004) d’Apichatpong Weerasethakul dans le cadre de la séance « Animisme tropical » du ciné-club de Paris 8. Dans la lignée de la pensée d’Andreï Tarkovski qui célébrait la poésie japonaise pour « son refus catégorique de la moindre allusion à un sens définitif de l’image qui, telle une charade, se prêterait progressivement à un déchiffrage », les étudiant·e·s ont écrit un haïku pour synthétiser leur sentiment sur le film à l’issue de la projection. « La poésie haïkaï cultive ses images de telle manière qu’elles ne signifient pas autre chose que ce qu’elles sont, et, en même temps, expriment tant de choses qu’il est impossible de la ramener à quelque forme spéculative que ce soit », ajoutait Tarkovski. Avant même de se plonger dans l’analyse ou l’interprétation pour trouver le centre de gravité d’un texte critique possible, comment œuvrer à garder une mémoire sensible du film ? En d’autres termes, comment retraverser personnellement l’expérience cinématographique composée par Apichatpong Weerasethakul en se focalisant sur des éclats, des détails, tout en travaillant déjà à des associations de séquences et de sens ? Le présent montage de haïkus a pour vocation de garder une trace de cette étape d’écriture particulière : elle vise autant à accueillir avec précision des sensations personnelles qu’à apprendre à faire confiance à son intuition pour les exprimer. Suite à cet exercice, les étudiant·e·s ont été amené·e·s à composer un texte spontané sur le film, sur le mode de l’écriture automatique ; certaines propositions sont également publiées ici. Après ces deux activités, certain·e·s étudiant·e·s ont choisi Tropical Malady pour leur critique individuelle de validation. Vous pouvez prendre connaissance de certains textes par ici. 

Claire Allouche, 

Attachée temporaire d’enseignement et de recherche en études cinématographiques à l’Université Paris 8, enseignante de l’atelier d’écriture critique au 1er semestre 2022-2023.


Zla Zla Zla
Ssah Ssah Ssah
Un regard étouffant
Un cœur bouillant
Pluie
Sur ta face et moi

(Size Tao)

Une jungle tropicale
Les multiples espèces du vivant
Dans la pénombre se contemplent

(Julia Fetouaki)

Une lumière pointe dans le noir
Le vent traverse les arbres
Une branche qui craque
Au milieu de la forêt<
Le cri d’un moteur
Les feuilles volent
Malgré ma lumière je reste dans ton obscurité
Tu as disparu dans l’ombre de la forêt
Les feuilles craquent sous mes pas maladroits
Cette grande maison verte ne possède aucun toit
Ici rien ne brille mais tout fait bruit
C’est la ronde des animaux de la nuit

(Nolan Caussin)

Les pieds sur terre sentent chaque fourmi
ou branche tombée
L’eau descend et il faut la suivre, c’est la
qu’il y a de la vie
Les conversations sont sans fin et les nuits
chaudes et humides

(Nina Fragale)

Dans le vacarme incessant de la nature,
La voix de l’homme s’éteint,
La voie de l’Homme se tue.

(Henryk Sallee)

vert mouillé soleil
lui rival amour pluvial
timides animaux

(Valentina Calligaro)

Le cœur palpitant
Perdus dans la jungle
Notre chanson

(Mathéo Scorteccia)

Et de ruptures,
La chanteuse s’exclame,
Le râle de la jungle

(Sacha von Dorpp)

Sous ma paume
Les feuilles sont mouillées
Tes yeux me fixent

(Alice Creusot)

Deux corps tendres
Des yeux qui se répondent
Un amour sincère
La nuit humide
Petit homme caché
Derrière les lianes, un rugissement
La jungle paisible
Abrite une créature tigrée
L’âme de l’homme s’est faite aspirer

(Louane Fresny)

Nuit de sommeil
Réveillé à l’intérieur
Attendant sa proie
Qui appartient à qui
Aimer et chasser
La forêt avec le couple

(Kika De Rooij)

La route nocturne
Sous la chaleur des réverbères
Dorant les corps amants

(Cléa Gajan)

sueurs dans la nuit
deux frères
un fantôme
tigre tatoué
tue l’âme
qui l’eût aimé
le mort
se laisse prendre en photo
hautes herbes
lumière évanouie
grotte devient tombeau
à la bougie (à la lampe aussi)

(Anna Gosselin)

Les feuilles des arbres emprisonnent les rayons du soleil.
Malgré la vie qui grouille, la solitude est là.
Repli sur moi-même. Souffle animal.
Force supérieur indescriptible.
Le Rien m’attend.

(Lou Levasseur)

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