Le Secret de Terabithia

Bridge to Terabithia
2007 – USA
96' – 1,85:1 - Couleur - SDDS / DTS / Dolby Digital - 35mm
Réalisation : Gabor Csupo
Scénario : Jeff Stockwell, David Paterson, Kevin Wade...
Musique : Aaron Zigman
Image : Michael Chapman
Montage : John Gilbert
Production : Lauren Levine, Hal Lieberman, David Paterson
Avec : Josh Hutcherson, Annasophia Robb, Zooey Deschanel, Robert Patrick, Kate Butler...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0398808

Jardin secret

« Ferme les yeux et garde l’esprit grand ouvert ».

Malgré le fait qu’il soit vendu comme tel, Le secret de Terabithia n’est pas un « Narnia bis » (Andrew Adamson, 2005) et vaut nettement mieux que le film précité. Ici, il ne s’agit pas d’univers d’Heroic Fantasy peuplé de créatures « réelles », mais d’un recoin fantasmagorique né de l’imagination de deux enfants.

En ce sens, les qualités essentielles du film se retrouvent dans son histoire, celle de deux marginaux qui se protègent de la réalité en se créant un monde imaginaire. Littéralement, le film est une défense de ce monde du rêve, qui permet à ses personnages de s’épanouir tout en encaissant la réalité. Les enfants donnent une nouvelle forme à leurs problèmes, les empêcheurs de tourner en rond se transforment en monstres qu’ils sont alors en mesure de combattre. Mais là où le film vise juste, c’est qu’il nous rappelle combien il est impossible de se soustraire à notre monde réel. Tel un étau, cette réalité rattrape ainsi nos personnages et ajoute une tristesse inattendue et réellement touchante.

Le film fait la part belle aux différences, à ces personnages en retrait de toute norme sociale : l’héroïne se retrouve avec des qualités que posséderait un garçon tandis que le héros écope d’une sensibilité plus féminine. A l’opposé d’eux, ils y a les gens normaux, fiers de l’être et s’abrutissant dès qu’ils le peuvent en regardant la télévision. Le secret de Terabithia, ou plus justement le pont de Terabithia (véritable traduction du titre original transformé pour surfer sur la vague de Narnia), symbolise ce passage du monde du quotidien à celui du rêve.

Parmi les réussites du film, on notera la performance remarquable de la jeune Anna Sophia Robb qui, après son rôle de petite peste dans Charlie et la chocolaterie (Tim Burton, 2005), confirme son statut d’actrice définitivement à suivre. Elle nous offre ici un rôle débordant de dynamisme et surtout très touchant, tout en arrivant à manier une palette d’émotions assez diverses. Son camarade s’en sort lui aussi plutôt bien, et il est amusant de retrouver Robert Patrick parmi les personnages, ancien T-1000 de Terminator 2 reconverti dans le film pour enfant.

Julien C.

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