Gran Torino

2008 – USA / Australie
116' – 2,35:1 - Couleur - SDDS / DTS / Dolby Digital - 35mm / DCP
Réalisation : Clint Eastwood
Scénario : Nick Schenk, Dave Johannson
Musique : Kyle Eastwood, Michael Stevens
Image : Tom Stern
Montage : Joel Cox, Gary Roach
Production : Rob Lorenz, Billy Gerber, Clint Eastwood
Avec : Clint Eastwood, Christopher Carley, Bee Vang, Ahney Her, Brian Haley...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt1205489

La Gran Torino est un modèle Ford de 1972. Elle a déjà fait parler d’elle sur le petit écran comme moyen de locomotion de Starsky et Hutch. Cette voiture est une pièce de collection rare, sublime, stylisée, enviable… Tant d’adjectifs qui pourraient servir d’épithètes au dernier opus de et avec Clint Eastwood. Le film véhicule différents discours ô combien importants sur lesquels je vais m’attarder. C’est une œuvre sur le racisme, l’apprentissage, la religion, l’autodestruction. Gran Torino a été écrit par un scénariste débutant et son message raconté par un géant du cinéma.

Eastwood incarne Walt Kowalski, un vétéran de la guerre de Corée avant de s’être usé dans les usines du constructeur automobile américain Ford. C’est un fervent patriote américain malgré ses origines polonaises. Il arbore le drapeau étatsunien chez lui, roule en Ford, critique son fils qui possède une voiture asiatique. C’est un personnage taciturne, aigri et raciste. Il est veuf (le film commence par l’enterrement de sa femme). Il est athée. Il boit, fume, s’autodétruit. Les meurtres commis lors de la guerre le hantent (il le dit par le dialogue à son jeune voisin coréen Tao). Il a manqué son rôle de père. Walt parle tout seul ce qui communique dans le même temps au spectateur sa pensée, son état d’esprit. Certains peuvent y voir une facilité scénaristique mais le fait de parler seul est une des caractéristiques de la vieillesse donc aucun laisser-aller de ce côté-là.

Le racisme

Au vue des premières scènes du film, nous sommes confrontés à deux thèmes : le racisme et le conflit intergénérationnel. Le discours sur le racisme est traité de deux manières, à l’échelle macroscopique et au niveau microscopique, du général au particulier. Le discours général traite du racisme entre hommes, entre personnes de couleur différente, de culture diverse. Pour mieux faire passer le discours global – général – il fallait donner un exemple particulier. Nous le retrouvons dans la mini intrigue entre Walt et la grand-mère de Tao. Ce sont deux personnes âgées, l’un américain, l’autre coréenne. Tous deux ont leurs préjugés respectifs l’un envers l’autre. Les deux représentent les idées préconçues que le peuple coréen peut avoir envers le peuple américain et vice-versa. Ce qui fait de ce film une œuvre d’art universelle, un esperanto, c’est que la représentation des différences entre ces deux peuples est applicable à n’importe quelle culture, n’importe quel homme, n’importe quel moment de l’histoire puisqu’elle parle de la peur de l’autre. « J’ai plus en commun avec ces chinetoques qu’avec ma propre famille » dit Walt après avoir été mis à nu par le chaman de la famille. Nous sommes tous pareils malgré les différences physiques et culturelles. Le cœur des hommes possède les mêmes caractéristiques.

Le cinéaste casse les préjugés ou plutôt les montre pour mieux les critiquer et révéler leur vacuité, leur facticité. Chez Eastwood, on ne généralise jamais même si beaucoup d’êtres humains pensent que nous devons faire des généralités pour avancer dans la vie. Qu’à cela ne tienne, le fondateur de Malpaso ne fait pas partie de ce genre d’homme. Il s’intéresse à l’être humain. Eastwood fait partie de ces cinéastes qui savent raconter une bonne histoire sans emprunter gratuitement à la caricature ses caractéristiques pour construire ses personnages. Chez Eastwood, intrigue et personnages sont sans cesse de connivence.

Autre discours clairvoyant sur la situation des afro-américains aux Etats-Unis. Le changement de regard du spectateur sur Walt advient lorsqu’il sauve Sue, la sœur de Tao, des mains de deux jeunes afro-américains. Sue se balade avec son petit copain quand ils se font engrener par deux jeunes. Le petit ami est corrigé gentiment, Sue ne se laisse pas impressionner. Walt est témoin de la scène. Il arrive, descend lentement de son pickup. Nous croyons qu’il va les tuer. Il libère Sue des griffes des deux jeunes. Aucune violence. Des menaces certes mais surtout un discours lucide et moral sur la situation. Walt commence par défendre Sue puis il critique le petit ami. Il rend compte impartialement de la situation. « Don’t call him Bros ! You’re not his brother » (Ne l’appelle pas Mon frère ! Tu n’es pas son frère) dit-il au petit ami de Sue. Il comprend donc l’offense reçue par les deux jeunes afro-américains. Pour la première fois, nous voyons Walt comme un être impartial. Nous découvrons l’âme du personnage. Ce n’est pas un raciste au sens extrême du mot mais un homme faisant preuve de sagesse.

Une vitrine de personnages secondaires. Tous des immigrés dépeignant une Amérique forgée, construite, bâtie par des êtres de toutes races. Il aborde ainsi le thème et la question qu’est-ce que sont les Etats-Unis d’Amérique ? Qu’est-ce qu’un américain ? Walt est polonais, son coiffeur italien, son ami constructeur irlandais. C’est l’Amérique du Melting pot. Les blagues racistes et les insultes entre eux sont des bijoux de véracité. Quelle magnifique peinture vériste ! A travers ces petites scènes entre Walt et ses amis immigrés, nous comprenons que le racisme du personnage est primaire. Ce n’est pas un extrémiste. Ces personnages secondaires me font penser aux personnages d’arrière plan chez Fellini. Je pense par exemple à l’ouvrier qui peint un décor de cinéma dans Intervista (1987)… Chez Eastwood, l’intention est différente car la culture n’est pas la même. Alors que le maestro italien dépeignait un univers et des portraits qu’il connait bien c’est-à-dire ceux d’une certaine Italie, Eastwood portraite le visage de l’Amérique d’aujourd’hui.

La religion

Eastwood est-il croyant ? Tous ces films doivent un peu à la pensée chrétienne. Dans L’Homme des hautes plaines (1973), son deuxième film, il représentait les sept pêchés capitaux dans une town isolée de tout, encerclée par une ceinture désertique. Dans Gran Torino, on peut le voir comme un ange pour Tao et sa famille. Le film possède des moments violents où la pusillanimité de certaines scènes reste choquante. Mais après tout, la passion du Christ dans l’Evangile ne dépeint-elle pas des actes de barbarie ? Eastwood met à mal la religion en proposant une réflexion et non par la facilité, quoique remarquable, comme dans Religolo (2008).

Nous avons une figure de curé touchante à travers ce jeune tout juste sorti du séminaire. Il apprend de Walt et réciproquement. Le curé jure dans son église (« Jesus-Christ » dit-il à deux reprises) et chez Eastwood il se laisse aller à dire son sentiment envers cette bande de jeunes nihilistes : « They pissed me off like you » (Ils m’agacent comme vous). Ce n’est pas tous les jours que l’on voit un prêtre se comportant ainsi. On dirait Karl Malden dans Sur les quais (1954) d’Elia Kazan. Avec ce tandem Walt/jeune prêtre, nous avons un voyage et quel voyage ! Le jeune curé ne débite que des leçons de vies tout droit sorties de la Bible, du « petit manuel du curé » dixit le personnage d’Eastwood. Il se fait un ennemi en la personne de Walt. Il essaiera de lui faire entendre raison et de l’amener à se confesser suite à la promesse qu’il a faite à sa femme avant de mourir. Il tente de rentrer en contact avec Walt, de pénétrer son monde par ses propos candides propres à ceux qui ne connaissent pas le côté obscur de la vie. Walt refuse la rencontre. Il est hostile. Le curé insiste. Walt lui dit le fond de sa pensée, qu’il ne s’est jamais confessé et si jamais il devait le faire ce ne serait pas avec un jeune prêtre tout juste sorti du séminaire qui récite la Bible et ce n’est surement pas un jeune puceau de vingt-sept ans qui va lui apprendre ce qui est bon dans la vie. Le curé le reconnaitra dans son fort intérieur tout d’abord puis publiquement à la fin lors de l’enterrement de ce dernier. Il comprend qu’il est vain de pénétrer l’univers opaque de Walt ainsi. Mais s’il y a bien une leçon de la Bible qu’il sait mettre en pratique, c’est celle de la persévérance du Christ. Il fait de même. S’ajoute à cela qu’il se met à parler dans le même langage que Walt – par influence de cette force de la nature en qui il voit surement une figure paternelle forte. Il réussit à amener Walt à confesse. Mais le Macguffin, le prétexte qui fit entrer en contact ces deux mondes diamétralement opposés, ne dure que très peu de temps. Le plus important étant le chemin pour y arriver. Le curé a apprit, il le dit. Walt, quant à lui, ne croit plus quand une seule chose : chasser cette bande de malfrats du quartier. Dans son discours final lors des funérailles de Walt, on voit le jeune prêtre changé, grandi. Il a beaucoup appris de Walt Kowalski. Il se rend compte que l’empirisme et le pragmatisme importent autant que les lectures saintes. Son élixir est la compréhension. Pour prêcher la bonne parole, il faut vivre la vie et non se réfugier dans des écrits didactiques.

Un autre discours sous-jacent au film est celui de la colère. Comment lutter contre la colère ? Eastwood prône l’extériorisation. Walt fait passer sa colère en détruisant les armoires de sa cuisine avec ses poings suite à l’agression de Sue. Il ne fera pas de mal physique aux coupables mais se sacrifiera, se sachant condamné par la maladie, pour apporter la paix dans le quartier.

Un roman d’apprentissage

On aime voir Clint Eastwood dans cette figure du mentor. A l’instar de Sean Connery dans A la rencontre de Forester (2000) de Gus Van Sant, c’est un très beau portrait d’homme désenchanté, aigri qui retrouve le bonheur grâce à un jeune. Emerge en lui cette culpabilité à l’égard de ses fils. Il se rend compte de l’homme qu’il est devenu et regrette de ne pas avoir été un bon père pour ses enfants. Walt s’en repend lors de sa confession qu’il accorde sans conviction au jeune curé. Le discours n’est pas abordé sur la relation père/fils mais tout se comprend. Nous avons cinq scènes si mes souvenirs sont bons entre Walt et son fils ainé. Le cadet est évincé. Je retiens donc les scènes à l’église pour l’enterrement de la mère, le repas chez Walt après les funérailles, Walt mettant à sa porte son fils et sa belle-fille suite à la proposition faite d’aller en maison de repos, la conversation téléphonique entre Walt et son fils et la lecture testamentaire. Le spectateur comprend la relation entre ces deux hommes alors qu’Eastwood s’y attarde très peu. Là est le talent d’un conteur de suggérer avec le peu de moyen. Je pourrais admirer le regard du fils de Walt adressé au jeune Tao lors de la lecture du testament des heures entières tant il exprime la déception mêlée à l’envie, le regret d’une vie.

Il faut voir Gran Torino comme un conte initiatique. Le film doit beaucoup au roman d’apprentissage. Le jeune Tao commence démuni mais la rencontre avec Walt le changera à jamais. Il apprendra à se connaitre et à repousser ses limites grâce aux enseignements de celui-ci. Une scène caractéristique de ces leçons : la scène des outils. Tao est émerveillé devant le matériel que possède Walt. Walt explique que chaque outil a sa fonction. Nous avons là une métaphore de la vie. Nous avons tous une place à tenir comme chaque outil à son rôle à jouer.

Sue dit clairement à Walt en parlant de Tao : « Il n’a pas eu de modèle dans la vie. Vous êtes son modèle ». Elle est le guide de Walt dans sa famille. Elle est celle qui le fait pénétrer dans son monde. Elle estime Walt car elle voit l’homme bon en lui dès le début. Certes, Walt a agit en héros sans s’en rendre compte au début. Mais elle l’estime car elle ne croit pas en la méchanceté de ce personnage et non plus à son racisme primaire.

Quand le cinéma cite les mythes qu’il a créé

Le cousin délinquant de Tao arbore le bandana rouge de Rambo. Le personnage de Stallone est vraiment devenu une figure mythique du cinéma américain. Nous avons pu voir également dans Lord of war (2006) d’Andrew Niccol un personnage réclamant le fusil de Rambo. Rambo reste le symbole de l’homme devenu bête ne reconnaissant pas le monde dans lequel il vit. Il se met sur sa défense montrant les crocs. Il est une version moins édulcorée et plus militaire, plus binaire de L’ingénu de Voltaire.

La photographie

La photographie de Tom Stern est toujours aussi impeccable. Nous remarquons très peu de mouvements de caméra ostentatoires dans les films d’Eastwood. On retient quand même une récurrence pour ce travelling arrière qui part du particulier au général, d’un plan d’ensemble à un plan de très grand ensemble à l’instar des mouvements de caméra utilisés pour les happy ends dans le cinéma classique américain. On retrouve donc avec une certaine redondance ce type de plans dans les films d’Eastwood. Je pense à Mystic River, L’Échange pour ses films les plus récents. Dans son dernier opus, il l’utilise au moins trois fois. Notons notamment le dernier plan qui semble sorti d’un film de série B américain des années soixante-dix avec la musique de Jamie Cullum qui se superpose. En ce qui concerne la mobilité de la caméra, Eastwood semble y renoncer au maximum. On dénombre une multitude de plans fixes dans ses films. Quand ils ne le sont pas, on remarque un très grand usage de la caméra portée notamment dans les lieux exigus ou de scènes de dialogues entre plusieurs personnes dans une même pièce. Par exemple, celle dans le salon des voisins où le découpage se fait à l’intérieur du plan même par les mouvements de caméra et les rapports d’échelle entre les personnages. Le clair-obscur reste omniprésent dans l’œuvre d’Eastwood. Depuis Impitoyable (1992), je pense ne pas me tromper en disant que dans tous ses films suivants, une scène cruciale est traitée en clair-obscur. Je pense à Les Pleins pouvoirs, Jugé coupable, Créances de sang, Mystic river, Million dollar baby ou encore L’Échange. En règle générale, les découpages du réalisateur américain se ressemblent. Il reste très classique dans sa manière de tourner ses films. Eastwood reste toujours très sobre dans la réalisation. Il cherche le réalisme et ça se ressent dans ses décors, son découpage…

Dans Gran Torino, nous remarquons cette scène qui suit la révolte d’Eastwood montrée par un acte masochiste dont j’ai parlé plus haut. Il est assis dans un fauteuil au centre du salon. Son visage est le terrain de lutte entre la lumière et l’obscurité comme celui que nous voyons sur l’affiche du film. Moment de dualité. Que va-t-il faire ? Venger la jeune Sue ou appeler la police comme lui suggère le jeune prêtre ? Il est perdu nageant entre deux rives ne sachant laquelle rejoindre. Sera-t-il sanguinaire comme le personnage d’Impitoyable ou prônera-t-il l’acte réfléchi et raisonné du sage? Une larme symbolique, signe de la tristesse par excellence, coule le long de la joue livide de ce visage cadavérique. Le décor de cette pièce est angoissant. De cette pénombre se distingue l’inextricable visage de Walt. Le décor est lourd en symbolique. Le fauteuil vert sur lequel il est assis, son visage pale, le sang qui coule de sa main. Là encore, nous sommes dans le symbolisme chrétien. Nous avons les trois vertus théologales en un plan. Nous avons l’espérance, la foi et la charité. Il doit agir seul ou appeler la police. Eastwood semble ne pas faire confiance à la police. Son message : c’est à chacun de se faire justice quand il est offensé. L’autorité a montré trop souvent ses limites. Chacun doit se débrouiller seul. Eastwood prône le franc-tireur comme celui qui délivre la pauvre héroïne de Million dollar baby devenue impotente, l’ex taulard de Mystic River (même si ici la police est montrer comme utile à travers les deux enquêteurs Kevin Bacon et Larry Fishburne), la mère de L’Échange qui se voit trahie par l’ambitieux inspecteur (encore ici, nous avons en contrepoint un autre inspecteur qui donne un bon visage de la police). Ce qu’Eastwood critique en fait, ce n’est pas la police mais l’incompétence. Eastwood aime le travail bien fait. On retrouve dans le professionnalisme de ses personnages un thème commun avec l’œuvre de Howard Hawks ou encore de Michael Mann. Comment faire lorsqu’une affaire est traitée par des personnes inaptes voire ineptes ? On ne leur fait pas confiance donc on veut se rendre justice soi-même. Notons par ailleurs que le discours véhément qu’il affichait dans Impitoyable en tant qu’ange exterminateur s’est modulé. Même si on retrouve un peu cette caractéristique à travers le personnage de Sean Penn dans Mystic River – dans les deux cas il s’agit d’une vengeance personnelle. Sean Penn agit pour venger sa fille et Eastwood pour réparer l’assassinat de son ami -, le Walt de Gran Torino est plus un donneur de leçon qui choisit le pacifisme pour essayer de faire prendre conscience de la connerie d’une certaine jeunesse – Eastwood joue toujours des donneurs de leçons dans ses films. Il meurt en martyr alors qu’il voulait s’allumer une cigarette conscient néanmoins de l’acte qu’il fait.

Sinon, Eastwood semble prôner le port d’armes. Il ne le nie d’ailleurs pas dans la vie publique. Mais l’arme sert à donner des leçons et non à tuer. Par son biais, il veut faire peur, intimider, remettre en place les cerveaux de cette jeunesse stupide. Quand ça ne suffit pas, il utilise les poings mais en vain. Ce message est dans la même vaine que celui de 187 code meurtre (1997) de Kevin Reynolds. Combattre la bêtise par la bêtise. Dans les deux films, on retrouve cette lutte pour le bien, cette volonté de donner une leçon de vie à la jeunesse perdue qui se réfugie dans la délinquance et la violence. Eastwood n’utilise pas son arme. Il espère donner une leçon de vie à cette bande de jeunes déboussolés en mourant ainsi. Il ne meurt pas comme un martyr mais comme un être qui affiche un ras le bol de voir l’être humain faire le mal, un homme en proie à ses démons intérieurs, ses regrets, ses remords.

Eastwood, le dernier des géants. Comme souligner Tim Robbins corroborant aux propos de Sean Penn à l’égard du cinéaste de Mystic River : « je suis d’accord avec Sean quand il dit qu’il (Eastwood) est le dernier des grands qui ne déçoivent pas ». Depuis Impitoyable, Eastwood ne cesse de surprendre. Chaque film est digne d’être récompensé. Vive les voyages humains et humanistes avec Clint Eastwood. Le générique défile. La voix off d’Eastwood chantant les premiers vers de la chanson de Jamie Cullum s’adresse à Tao et à tous les jeunes perdus, en manque de repères. La chanson éponyme du film berce mon ouïe. Les gens dans la salle restent pour la plupart jusqu’au bout. J’ausculte les visages. Certains ont le regard qui côtoie les larmes. Bon nombre d’entre eux a le regard de ceux qui ont voyagé au fond d’eux-mêmes en proie avec leurs demandes viscérales. Merci Clint Eastwood.

Nicolas Brénéol

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