Down by Law

1986 – USA
107' – N&B - 1,85:1 - Mono - 35mm
Réalisation : Jim Jarmusch
Scénario : Jim Jarmusch
Musique : John Lurie
Image : Robby Müller
Montage : Melody London
Production : Black Snake, Grokenberger Film Produktion, Island Pictures
Avec : Tom Waits, John Lurie, Roberto Benigni, Nicoletta Braschi, Ellen Barkin...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0090967/

Les yeux grands ouverts, deux femmes sont allongées nues dans deux lieux séparés, leur regard suit les ombres de deux hommes qui peu à peu disparaissent. Jack (John Lurie) et Zack (Tom Waits) sont liés dès le départ par ces longs plans latéraux, comme si on nous menait d’un lieu à un autre, le long d’un fil, celui du destin? Plusieurs éléments présents dans la suite de Down By Law de Jim Jarmusch sont exposés dans l’ouverture : cette voiture qui rappelle celle dans laquelle Zack se fera arrêter par la police, le cimetière pour le meurtre de Roberto (Roberto Benigni), un lac dans lequel on retrouvera notre trio sur une barque puis une cabane près des bois où ils se cacheront.

Jack et Zack se rencontrent en prison dans le bayou, en Guyane, tous deux clament leur innocence. L’arrivée de Roberto vient bouleverser leur journées de lamentations derrière les barreaux. Avec plein d’entrain, ce dernier entraîne Jack et Zack à l’évasion.

Le film repose alors sur l’errance et l’isolement. Nos personnages errent dans des rues presque désertes sous un ciel nocturne. Un aspect repris dans Only Lovers Left Alive vingt ans plus tard, qui aspire à la solitude, un milieu triste favorisé ici par le noir et blanc. Zack chante et se déhanche tout en se retournant vers son ombre. Il s’assoit sur une poubelle, une bière entre les mains et continue de murmurer des paroles. Le plan reste fixe. Roberto approche de dos et dit « It’s a sad and beautiful world » face au désespéré. L’atmosphère mélancolique et lugubre du film, ressentie à travers Zack et Jack, deux malchanceux pris au piège sous la lueur de la lune, est perturbée par un sentiment comique provoqué par le personnage de Roberto. Sa présence apporte de l’espoir au récit et de l’humour malgré l’aspect dramatique de la situation.

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Cloé Berton

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