Doctor Strange

2016 – USA
115' – Couleur - 2,39:1 - Dolby Atmos - DCP
Réalisation : Scott Derrickson
Scénario : Jon Spaihts, Scott Derrickson, C. Robert Cargill d'après le comics de Stan Lee et Steve Ditko
Musique : Michael Giacchino
Image : Ben Davis
Montage : Sabrina Plisco et Wyatt Smith
Production : Marvel Studios
Avec : Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor, Rachel McAdams...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt1211837/

Les studios Marvel ont désormais pris pour habitude de vider quelque chose ou quelqu’un de sa substance. En faisant à la fois des films de Super-Héros sans réelle réflexion sur ce statut de surhomme/extra-terrestre et en vidant tout potentiel charismatique à des acteurs pour la plupart pas incroyables, mais tout de même intéressants dans d’autres films. On se demande encore comment des acteurs comme Chris Evans ou Mark Ruffalo continuent d’être toujours aussi lisses et plats dans les multiples films Marvel après des films tels que Snowpiercer ou Zodiac.

Doctor Strange ne déroge pas à la règle et vient offrir un rôle habituel à Benedict Cumberbatch (l’asocial surdoué et efficace), en plus de rendre Tilda Swinton sans relief et Mads Mikkelsen dépressif. Vider également la substance d’un Michael Giacchino pas inspiré qui reprend certains arrangements des Star Trek pour composer une BO oubliable. C’est apparemment une vocation des studios, ne voulant pas que la musique d’un film reste en tête. Pourquoi prendre Michael Giacchino dans ce cas, si ce n’est pour empiler un nouveau nom dans la montagne du Name Dropping façon Marvel ? Vider enfin la substance d’un réalisateur, ne devenant qu’une machine à exécuter un travail afin qu’il soit le plus propre possible, annihilant par la même toute réflexion sur le statut d’auteur qu’ils peuvent avoir. Ainsi, Scott Derrickson, réalisateur de films d’horreur/angoisse est appelé à réaliser Doctor Strange à des années lumières d’une quelconque cohérence avec ses précédents films. Après tout pourquoi ne pas voir ce que donne un réalisateur qui s’éloigne d’un genre ? Sauf que chez Marvel, les “auteurs” sont les producteurs. Peu importe le choix du réalisateur au final, cela aurait pu être n’importe qui.

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Roméo Calenda

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