Tropical Malady

Sud pralad
2004 – Thaïlande
118' – 1,85:1 - Couleur - Dolby Digital - 35mm
Date de sortie Thaïlande : 24 juin 2004
Date de sortie France : 24 novembre 2004
Réalisation : Apichatpong Weerasethakul
Scénario : Apichatpong Weerasethakul
Son : Akritchalerm Kalayanamitr
Image : Jarin Pengpanitch, Vichit Tanapanitch et Jean-Louis Vialard
Avec : Sakda Kaewbuadee, Banlop Lommoi, Sirivech Jareonchon, Udom Promma, Huai Deesom…
Fiche Imdb : https://www.imdb.com/title/tt0381668/
Projection au ciné-club le 20/02/2019

Quatrième film d’Apichatpong Weerasethakul, Tropical Malady a été considéré dès sa sortie comme un OVNI. C’est en bouleversant les codes narratifs traditionnels qu’il propose un film « dont la beauté souveraine n’a d’égale que la perplexité qu’il peut engendrer chez le spectateur nourri aux mamelles du cartésianisme ». 1J.R « Dans la jungle envoûtante de la forme », L’Humanité, 24 Novembre 2004 Empreint de la spiritualité khmer, ce film de deux heures est construit en deux parties à première vue distinctes mais « repose [pourtant] sur une philosophie de la coexistence » 2Entretien avec Apichatpong Weerasethakul, propos recueillis par Samuel Douhaire, Libération, 20 Mai 2004.

La première partie du film montre une idylle presque innocente, entre ville et campagne, de Keng un jeune soldat et Tong, un jeune homme de la campagne. Un jour, ce dernier s’enfonce dans la jungle, une vache disparaît et le film s’arrête. Il reprend ensuite pour narrer, à la manière d’un conte, l’histoire de Keng, parti à la recherche de son amant dans la forêt, désormais moitié homme, moitié tigre.

Cette métamorphose du personnage, appuyée par une métamorphose du film même, soulève de nombreuses questions auxquelles le réalisateur n’a jamais voulu répondre. Le symbole du tigre, animal sauvage aussi présent dans la symbolique asiatique, « considéré comme un ancêtre mythique », où il est celui « qui conduit les néophytes dans la jungle pour les initier » 3GHEERBRANDT Alain, Le Dictionnaire des symboles, édition Robert Laffont, 1999, pourrait être une métaphore de Tong qui initierait Keng à l’amour. Sujet à plusieurs lectures, ce film nous invite à plonger, comme le fait Keng, dans cette jungle profonde et nous laisse la liberté de traduire nous-même le mysticisme qui plane dans cette faune.

Anaëlle Salem

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