La Comtesse aux pieds nus

The Barefoot Contessa
1954 – USA
128' – 1.75:1 - Couleur - Mono - 35mm
Date de sortie USA : 30 septembre 1954
Date de sortie France : 15 juin 1955
Réalisation : Joseph L. Mankiewicz
Scénario : Joseph L. Mankiewicz
Musique : Mario Nascimbene
Image : Jack Cardiff
Avec : Ava Gardner, Humphrey Bogart, Edmond O’Brien, Valentina Cortese, Rossano Brazzi, Marius Goring...
Fiche Imdb : https://www.imdb.com/title/tt0046754/
Projection au ciné-club le 17/02/2021

Un cimetière de la Riviera italienne noyé sous une pluie silencieuse et solennelle. On enterre la comtesse Torlato-Favrini, ou la star hollywoodienne Maria d’Amato, à moins qu’il ne s’agisse de Maria Vargas… Ainsi commence la toute première séquence du film. Les multiples facettes de ce personnage central et iconique, est tour à tour éclairé par une pluralité de regards, d’autres visages, dans un abyme de flashbacks, les divers protagonistes du film.

« Comment commencer ? »1MERCIER Claire, La cinéfable, entre drame et récit, L’Harmattan, Paris, 2017, p. 3. C’est sur cette simple question que s’ouvre le premier chapitre de La cinéfable entre drame et récit. Claire Mercier montre combien, loin d’être naïve, la question induit une profonde et complexe réflexion sur l’art de débuter un récit. Si les possibilités sont multiples toutes doivent donner à éprouver l’enchainement naturel des faits.

La Comtesse aux pieds nus commence par la fin du drame. Ce procédé ne change paradoxalement rien à l’engrenage naturel, il le met au contraire en lumière, accentue sa logique et magnifie le récit dans une orchestration parfaitement huilée. Par ce procédé, les divers narrateurs essayent de capter et de comprendre le personnage insaisissable, aux multiples fêlures, qu’incarne Ava Gardner. Mankiewicz définissait La Comtesse aux pieds nus comme une « version amère de Cendrillon »2BRION Patrick, Joseph L. Mankiewicz, Edition de la Martinière, 1978, p. 34, multipliant ainsi les références au célèbre conte de fée. Le rêve se mue de fait irrépressiblement en amertume jusqu’à sa mort, jusqu’au dernier plan, dans ce cimetière, où, statufiée, emprisonnée dans une image complète-ment infidèle et d’une inutile splendeur, elle reste seule face à cette foule qui se disperse lentement.

Lucile Jacob

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