King Kong

1933 – USA
100' – 1.19:1 - N&B - Mono - 35mm
Date de sortie USA : 2 mars 1933
Date de sortie France : 29 septembre 1933
Réalisation : Merian C. Cooper & Ernest B. Schoedsack
Scénario : James Creelman & Ruth Rose d’après une idée de Merian C. Cooper et Edgar Wallac
Musique : Max Steiner
Image : Edward Linden, J.O. Taylor, Vernon Walker
Avec : Fay Wray, Robert Armstrong, Bruce Cabot, Frank Reicher, Sam Hardy, Noble Johnson, Steve Clemente, James Flavin...
Fiche Imdb : https://www.imdb.com/title/tt0024216
Projection au ciné-club le 21/10/2020 à 12h sur le site de la BU et disponible pour 24h : https://www.vod-paris8.medialib.tv 

À la périphérie de notre monde, Skull Island en est la « face cachée ». C’est là, au large de Sumatra, que le réalisateur de la fable, Carl Denham, découvre la créature, un gigantesque gorille humanoïde qu’il capture pour l’exhiber dans un théâtre new-yorkais.

Le film de Merian C. Cooper et d’Ernest B. Shoedsack met alors en scène la mémorable tentative d’évasion de « l’attraction du siècle » : le monstre brise ses fers, sème la panique en ville et se hisse au sommet de l’Empire State Building. Le cinéma serait-il lui aussi un évadé de Broadway ? C’est en substance ce que montre le texte de Claire Mercier, dévoilant la face cachée du spectacle. Car à ses yeux, c’est bien « la fable en tant que bel animal qui doit indirectement nous émouvoir et non l’apparition à l’écran d’un haut singe hurlant ». Si, écrit-elle « les auteurs laissent le spectateur penser que des images et des sons le séduisent et qu’il s’agit là de grand spectacle », en vérité, « l’équilibre entre muthos et spectacle est parfait. La mort de Kong nous touche non seulement parce que sa résistance face aux avions armés de mitrailleuses et sa chute du haut de l’Empire State Building sont impressionnantes mais également parce que sa blessure mortelle est l’évènement pathétique qui vient conclure un muthos tragique — lequel ne coïncide avec aucune image ni avec aucun son en particulier tout en les irriguant toutes et tous » 1 MERCIER Claire, « D’un écran, l’autre. Les Chasses du comte Zaroff. La face cachée de King Kong (1932-1933) », dans Écrans de cinéma [des écrans du pouvoir au pouvoir des écrans], Patrick Louguet et Alban Pichon (dir.), L’Harmattan, Paris, 2016, pp. 215-216.. Or, poursuit-elle, « nous sommes en 1933 » et nous « risquons la barbarie, c’est-à-dire de n’avoir plus d’humains que nos manières, nos civilités, notre langage poli et badin, notre air crâne ». Qu’à « se croire en dehors de la bête, de sa sensibilité et de sa fragilité, l’humanité de l’homme est en péril » 2Ibid., p. 230., telle est la face à peine cachée de cette cinéfable dont le texte de Claire Mercier dévoile aussi le double : Les Chasses du comte Zaroff.

Jennifer Verraes

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