Inextinguishable Fire / Z32

Inextinguishable Fire
1969 – République Fédérale d’Allemagne
25′ – N&B – Sonore
Réalisation : Harun Farocki
Z32
2008 – Israël, France
81' – Couleur - Sonore
Date de sortie France : 18 février 2009
Réalisation : Avi Mograbi
Scénario :
Musique : Noam Enbar (chantée par Avi Mograbi)
Image : Philippe Bellaïche
Avec : Avi Mograbi
Fiche Imdb : https://www.imdb.com/title/tt1270707/
Projection au ciné-club le 17/03/2021

Claire Mercier s’intéresse beaucoup aux principes de distanciation développés par Bertolt Brecht. Elle écrit : « inscrire résolument la fable cinématographique dans le récit, implique en effet pour l’auteur, d’une part de prendre la parole dans le scénario […], et d’autre part de découvrir dans le découpage, le montage et les effets, des procédés de distanciation et non les moyens […] d’un renforcement de l’illusion mimètique »1MERCIER Claire, La cinéfable, entre drame et récit, L’Harmattan, Paris, 2017, p. 53.

De nombreux films peuvent bien sûr illustrer cette manière d’appréhender le récit. Z32, réalisé par Avi Mograbi, est de ceux-là. Le film adopte une forme documentaire et revient sur une opération de représailles de l’armée israélienne à l’encontre de civils palestiniens. Le récit est directement celui d’un des protagonistes, qui conte une action militaire parmi d’autres mais qui confesse progressivement, devant les questions de son entourage et du réalisateur, l’embarras qui est le sien depuis la tuerie. Mograbi utilise diverses méthodes pour créer un effet d’étrangeté, protégeant tout à la fois le meurtrier, livrant et tentant de conjurer le malaise que lui pro-cure la réalisation du film et la fréquentation de ce personnage.

Inextinguishable Fire de Harun Farocki présente une similitude avec Z32 en ce qu’il propose un réexamen de la guerre du Vietnam. Lorsque Farocki lui-même se joint à la narration du film, il rappelle au public qu’un grand film ne doit pas être une propagande pour une quelconque idéologie. A l’heure de la réflexion éthique, les réalisateurs des deux films ont choisi de ne pas laisser le public être submergé par l’émotion et l’effervescence, d’empêcher le spectateur de coller à des reproductions du réel au point qu’il n’en distingue plus rien, mais plutôt d’intervenir en tant que distanciation pour leur rappeler de penser calmement et indépendamment.

Weiran Zhang

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