Fuego en Castilla / L’Âge d’or

Fuego en Castilla
1961 – Espagne
18′ – Couleur et N&B – Mono
Réalisation : José Val del Omar
Scénario :  José Val del Omar
Image : José Val del Omar
L'Âge d'or
1930 – France
61' – 1,20:1 - N&B - Mono - 35mm
Date de sortie France : 28 novembre 1930
Réalisation : Luis Buñuel
Scénario : Luis Buñuel, Salvador Dali
Musique : Beethoven, Mozart, Wagner, Schubert, Paso Doble de Georges van Parys
Image : Albert Duverger
Avec : Gaston Modot, Lya Lys, Max Ernst, Pierre Prévert, Paul Eluard (la voix), Caridad de Laberdesque, Germaine Noizet, Lionel Salem, Duchange, Joseph Llorens Artigas, Valentine Hugo, Jacques B. Brunius…
Fiche Imdb : https://www.imdb.com/title/tt0021577/
Projection au ciné-club le 05/02/2020

Qu’il s’agisse des pulsions et frustrations sexuelles dans L’Âge d’or ou du mysticisme de Fuego en Castilla, la puissance à l’œuvre dans ces films est si forte qu’elle en affecte jusqu’à leur forme. Utilisé pour détruire l’ordre bourgeois chez Luis Buñuel ou révéler de plus nobles aspirations poétiques et esthétiques chez José Val del Omar, le cinéma est ici un moyen de dépassement.

Fuego en Castilla est le deuxième film issu d’un « triptyque élémentaire d’Espagne ». Pour cette occasion, Val del Omar invente la « TactilVision » qui crée une impression de relief en jouant sur des jeux de lumière, magnifiant ainsi sa foi en la religion comme en la technique.

Considéré comme un des très rares films surréalistes par le groupe lui-même, L’Âge d’or est lui un pamphlet contre les règles de la société bourgeoise entravant le désir illimité des amants. Il présente selon Salvador Dali « la ligne droite et pure de “conduite” d’un être qui poursuit l’amour à travers les ignobles idéaux humanitaires, patriotique et autres misérables mécanismes de la réalité ».11 Salvador Dali dans la Revue-programme du Studio 28, reproduit en fac-similé dans L’Âge d’or, correspondance Luis Buñuel – Charles de Noailles, Les Cahiers du Musée national d’art moderne, Paris,1993. Déchaînant les foudres d’une France conservatrice, le film sera interdit jusqu’en 1981, soit plus de cinquante ans.

Si le parcours de ces deux cinéastes espagnols les oppose tout à fait – Buñuel fuira le franquisme et sera internationalement reconnu quand Val del Omar restant au pays poursuivra une carrière plus confidentielle –, chacun démontre à sa manière que rien ne peut barrer la recherche de l’absolu qui est, comme le formulent la plupart des cartons finaux des films de Val del Omar : « Sans Fin ».

Gilles Chétanian

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