Transes et Possession

La Taranta
1961 – Italie
18′ – N&B – Sonore
Réalisation : Gian Franco Mignozzi
Les Maîtres fous
– France / Niger
36' – 1,37:1 - Couleur - Sonore
Réalisation : Jean Rouch
Montage : Suzanne Baron
Son : Damouré Zika
Image : Jean Rouch
Avec : Damouré Zika, Lam Ibrahima Dia, Illa Gaoudel Touré, Douma Besso, Adamou Koffo...
Fiche Imdb : https://www.imdb.com/title/tt0048363/
Les Tambours d’avant, Tourou et Bitti
1971 – France/Niger
11′ – Couleur – Sonore
Réalisation : Jean Rouch
Black and White Trypps Number Three
2007 – USA
11’30 – Couleur – Sonore
Réalisation : Ben Russel
Trypps#7
2010 – USA
10′ – Couleur – Sonore
Réalisation : Ben Russel
Projection au ciné-club le 06/02/2019

« La possession c’est le théâtre originel, c’est l’idée de la catharsis. » 1AMAD Paula, « Visual Riposte: Looking Back at the Return of the Gaze as Postcolonial Theory’s Gift to Film Studies» in Cinema Journal n° 3, printemps 2013, p.50-74

La transe est un rituel qui a traversé les âges et les cultures. Une personne en transe devient sujet d’une éphémère mais intense métamorphose. Quel meilleur moyen pour décrire l’inexplicable que de le filmer ? Celui qui la filme devient à son tour possédé par son sujet.

La séance démarre avec La Taranta de Gianfranco Mingozzi, qui documente des femmes dans le sud de l’Italie. Piquées par une araignée, elles s’adonnent à une danse désarticulée proche de l’animal pour faire ressortir le mal de leur âme. Le film, à la visée anthropologique, flirte néanmoins avec la poésie effrayante de ce village hors du temps.
De la même manière, Jean Rouch filme sur le vif le rituel des Haoukas dans Les Maîtres fous. Il permet de se débarrasser des frustrations en étant possédés par les esprits des maîtres et de préserver la santé mentale. Si Les Tambours d’avant résonnent sur un rituel plus traditionnel, c’est toujours la transcendance des images possédées de Rouch qui restent : « Quand je tiens une caméra, je suis quelqu’un de complètement différent. » 2YAKIR Dan, « Ciné-transe: The Vision of Jean Rouch » in Film Quarterly n° 31/3, printemps 1978, p.2-11

Enfin, Ben Russell capte la transe contemporaine d’une foule sous acide dans Trypps Number Three. « J’essayais d’imaginer ce qui correspondrait dans ma propre culture à la transe des Haoukas dans Les Maîtres fous. » 3RUSSELL Ben, Catalogue Festival de Lussas – Fragment d’une œuvre: Ben Russell et Jean Rouch, propos de Ben Russell, 2012 Si le cadre obstrué par la foule de Number Three laisse place à celui abstrait et épuré de Trypps#7 (Badlands), ce qui importe, c’est la durée des plans qui « reste le plus puissant des hallucinogènes cinématographiques. » 4LEPASTIER Joachim, « Notre galerie » in Les Cahiers du Cinéma n°683, Paris, Novembre 2012, p.76-77

Ana-Maria Nacinschi et Flora Nicolas

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