Support Matière – Les métamorphoses du medium

Stadt in Flammen
1984 – Allemagne
5′ – Couleur – Sonore
Réalisation : Schmelzdahin
Light is Calling
2004 – USA
8′ – Couleur – Sonore
Réalisation : Bill Morrison
Scratch Pad
1970 – France / USA
10′ – Couleur – Sonore
Réalisation : Hy Hirsh
Electronic Moon n°2
1966 – USA
5′ – Couleur – Sonore
Réalisation : Nam June Paik & Jud Yalkut
Beatles Electronic
1966 – USA
3′ – Couleur – Sonore
Réalisation : Nam June Paik & Jud Yalkut
Video Tape Study n°3
1967-69 – USA
4′ – Couleur – Sonore
Réalisation : Nam June Paik & Jud Yalkut
Grazing
1976 – USA
5’30 – N&B – Sonore
Réalisation : Woody Vasulka
Impressions
2012 – France
48′ – Couleur – Sonore
Réalisation : Jacques Perconte
Projection au ciné-club le 10/04/2019

Qu’elle soit photochimique, magnétique ou encore composée de pixels, la matière du cinéma a motivé de nombreuses expérimentations, générant à chaque fois des caractéristiques visuelles singulières. Aussi, est-il également possible de considérer l’histoire du cinéma, son évolution, par celle de ses supports et de leur plasticité.

S’il y a mille manières d’envisager la pratique du cinéma, un de ses enjeux métamorphiques se joue dans l’investigation des différentes techniques de génération, d’apparition, de traitement ou de diffusion de l’image mobile; dans les conditions spécifiques d’existence de sa lumière et de sa transmission.

Jurgen Reble et Bill Morrison s’intéressent à la dégradation physico-chimique de la pellicule. Le premier, membre du collectif allemand Schmelzdahin, maltraite et rompt l’équilibre fragile de l’émulsion, qu’il utilise pour se faire la chaleur incandescente du projecteur, des détergents ou qu’il abandonne plusieurs semaines le film dans un étang. Le second, en remontant de vieux films, donne à voir aussi bien l’oeuvre que les altérations chimiques du temps.
A l’ère de l’image électronique analogique, le coréen Nam June Paik, considéré comme le père de l’art vidéo, détourne le faisceau des tubes cathodiques et métamorphose l’image figurative de la télévision. Il sera également un des premiers à concevoir les synthétiseurs d’images, ouvrant la voie à une manipulation sans fin de la matière électronique, qu’empruntera également Woody Vasulka.

Enfin, Jacques Perconte, artiste expérimental numérique, pratique le data-moshing. En altérant les fichiers vidéo par compressions et décompressions successives, il engendre des reconfigurations de pixels qui métamorphosent l’image numérique initiale.

Anaëlle Salem, Elise Guérard et GQ

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