Robocop

1987 – USA
103' – 1,85:1 - Couleur - Dolby SR - 35mm
Date de sortie USA : 17 juillet 1987
Date de sortie France : 20 janvier 1988
Réalisation : Paul Verhoeven
Scénario : Edward Neumeier, Michael Miner
Musique : Basile Poledouris
Image : Jost Vacano
Avec : Peter Weller, Nancy Allen, Ronny Cox, Kurtwood Smith, Miguel Ferrer...
Fiche Imdb : https://www.imdb.com/title/tt0093870/
Projection au ciné-club le 20/03/2019

Premier film américain du réalisateur néerlandais Paul Verhoeven, Robocop fut acclamé par la critique à sa sortie. Adapté d’un scénario de Michael Miner et Edward Neumeier, il est intéressant de voir comment la nouvelle recrue hollywoodienne s’en empare pour livrer une dénonciation ironique du système dans lequel il vient d’être admis : de la même façon que Robocop garde son âme d’humain dans son armure métallique, Verhoeven perverti les règles locales en restant profondément européen.

La métamorphose d’un agent de police en cyborg par une société surpuissante, l’OCP, qui contrôle notamment la sécurité publique de Detroit, permet à Verhoeven de réaliser un film où « l’Évangile investit le décorum d’une série B » 1ARBRUN Clément, « Sexe, Science, Guerre : Les cinq thèmes récurrents du cinéma de Paul Verhoeven », lesinrocks.com, 27 mai 2016 [consulté en ligne le 12 juillet 2018] https://www.lesinrocks.com/2016/05/27/cinema/paul-verhoeven-quatre-mots-cles-11831889/. La religion étant un thème cher au réalisateur, le destin de l’agent Murphy s’apparente à celui de Jésus. Filmant sa mort telle une crucifixion, dans une scène d’une violence rarement égalée à Hollywood, Verhoeven file la métaphore tout au long du film avec la résurrection puis avec la recherche du paradis perdu, lorsque le robot retrouve une part d’humanité grâce à la résurgence de ses souvenirs.

La société américaine dépeinte par Verhoeven, et transfigurée par un capitalisme exacerbé, pousse au remplacement des humains par les machines pour augmenter les profits. Les écrans sont devenus le principal moyen de communication de cette société dystopique, appuyé par le recours aux faux journaux télévisés alternant avec les publicités satiriques, mais aussi avec l’agent immobilier virtuel qui finira détruit par le poing de Robocop, détruisant du même coup cette fausse réalité.

Léa Crissaud et Loris Dru

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