Paprika

Papurika
2006 – Japon
90' – 1,85:1 - Couleur - Dolby Digital - 35mm
Date de sortie Japon : 25 novembre 2006
Date de sortie France : 6 décembre 2006
Réalisation : Satoshi Kon
Scénario : Seishi Minakami, Satoshi Kon
Musique : Susumu Hirasawa
Direction d’animation : Masashi Ando
Avec les voix de : Megumi Hayashibara, Tôru Emori, Katsunosuke Hori...
Fiche Imdb : https://www.imdb.com/title/tt000000000851578/
Projection au ciné-club le 27/03/2019

Les films de Satoshi Kon, mangaka et animateur japonais, se caractérisent par des univers angoissants dans lesquels rêve et réalité se mélangent à l’insu des personnages et des spectateurs. Sans doute parce que « l’image animée est aussi malléable, métamorphosable que l’image psychique » 1Se rapportant au concept de « plasmaticité » établi par Serguei Eisenstein, Walt Disney, Paris, Circé Poche, 2013, Kon explore quasi systématiquement la psyché des personnages et dessine leurs images mentales.

Comment distinguer rêve et réalité lorsque l’univers inconscient d’un personnage ressemble à la réalité de l’espace diégétique ? Ces deux espaces sont métamorphosés par le récit et par la technique de l’animation puisque « le cinéma d’animation intègre dans ses conditions de possibilité la dissolution à vue d’une image en une autre, d’un lieu en un autre et par extension d’un monde en un autre » 2MARTIN Jessie, « Le cinéma d’animation et le privilège de l’imaginaire. De Fantasmagorie à Paprika », Entrelacs Cinéma et audiovisuel, n°8, 1er février 2011, p.7.

Paprika, le dernier film de Satoshi Kon, reprend cette grammaire : dans une société futuriste, des scientifiques mettent au point le DC mini, nouvelle tech-nique de psychothérapie permettant l’intrusion du thérapeute dans les rêves des patients. Cette nouvelle technologie, encore à l’état de prototype, est volée. Le docteur Atsuko Chiba, va, sous l’apparence de Paprika, son double ayant la capacité de voyager dans l’inconscient des malades, tenter de trouver le coupable du vol et ses motivations. Pour mener cette enquête, elle devra voyager entre rêve et réalité. Ainsi, Kon juxtapose ces deux espaces tout en fusionnant leurs frontières. La métamorphose de l’espace est de nouveau déclenchée par l’inconscient des personnages mais elle est motivée par la seule technique de l’image animée ; un moyen de créer une métamorphose à vue sans fin programmée.

Elise Guérard

Les commentaires sont clos.