Le Festin nu

Naked Lunch
1991 – USA / Canada / Royaume-Uni / Japon
115' – 1,85:1 - Couleur - Dolby Stéréo - 35mm
Date de sortie USA : 27 décembre 1991
Date de sortie France : 11 mars 1992
Réalisation : David Cronenberg
Scénario : David Cronenberg
Musique : Howard Shore, Ornette Coleman
Image : Peter Suschitzky
Avec : Peter Weller, Judy Davis, Ian Holm, Julian Sands, Roy Scheider, Monique Mercure...
Fiche Imdb : https://www.imdb.com/title/tt0102511/
Projection au ciné-club le 03/04/2019

L’ouvrage marquant Le Festin nu de William Burroughs, auteur phare de la beat generation, raconte l’histoire semi-autobiographique de Bill Lee, exterminateur de cafards et ex-junkee, qui, en proie à ses propres hallucinations, tue sa femme lors d’un numéro de Guillaume Tell raté. Celui-ci se réfugie alors dans l’Interzone pour écrire son roman, Le Festin nu et tenter de retrouver sa femme.

Cronenberg relève un défi prodigieux en mettant à l’écran ce roman qualifié d’« inadaptable », et qui sera pourtant largement salué par la critique à sa sortie, en 1991. Alors que la question de la métamorphose est déjà centrale dans toute l’œuvre du cinéaste, notamment dans ses films La Mouche et Vidéodrome, elle atteint avec Le Festin nu son paroxysme.

Les hallucinations perpétuelles du personnage qui « (…) n’en sait pas plus sur sa nature que sur la réalité du monde qui l’entoure » 1GARSAULT Alain, « Cronenberg, adaptateur et créateur », Positif, n°501, Novembre 2002, p.96 altèrent alors toutes les formes de réalité et égarent le spectateur. Une machine à écrire devient peu à peu organique pour ensuite devenir un personnage central, témoignant dès lors de la relation presque charnelle que l’écrivain développe avec l’acte d’écriture, mais illustrant par la même son état halluciné, similaire à celui de Burroughs lorsqu’il travaillait sur son roman. En montrant un « environnement [qui] se métamorphose sous nos yeux médusés au rythme des injections et absorptions de drogues en tout genres » 2POMPON Géraldine, VERANNEAU Pierre, David Cronenberg : La beauté du chaos, Condé-sur-Noireau, Editions du Cerf, 2003, p.149, Cronenberg rend hommage à un mouvement littéraire, qui s’est attaché à détruire les frontières entre réalité et hallucination.

Juliette Marsan

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