Holy Motors

2012 – France / Allemagne
115' – 1,85:1 - Couleur / N&B - Dolby Digital - DCP
Date de sortie France :
Réalisation : Leos Carax
Scénario : Leos Carax
Musique : Gabriel Grote et Daniel Kemper – Who Were We ? Écrite par Leos Carax et Neil Hannon
Image : Caroline Champetier
Avec : Denis Lavant, Edith Scob, Eva Mendez, Kylie Minogue, Elise Lhomeau, Michel Piccoli…
Fiche Imdb : https://www.imdb.com/title/tt2076220/
Projection au ciné-club le 28/11/2018

Leos Carax, absent des salles obscures depuis Pola X (1999), signe son grand retour avec le long-métrage Holy Motors. Sa réputation de cinéaste maudit le poursuit depuis Les Amants du Pont-Neuf (1991) et rend difficile la production d’un film dont le « scénario […] atypique » 1MERIGEAU Pascal, « La folle histoire de « Holy Motors » » dans Le Nouvel Observateur, 28 juin 2012, p.1 effraie la plupart des producteurs. Le film sera finalement présenté à Cannes le 23 mai 2012 où il suscite des réactions mitigées avant d’être écarté du Palmarès.

La métamorphose intervient avant tout dans la transformation physique du personnage-acteur. « Une fois qu’il a changé spectaculairement d’apparence, d’âge, de sexe, de condition, M. Oscar poursuit sa métamorphose : sa tenue, sa démarche, sa voix muent » 2REVAULT D’ALLONES Judith, Holy Motors de Leos Carax, Belgique, Yellow Now, Côté Film #29, 2006, p.45. La limousine blanche lui sert de loge ambulante. Dès qu’il en sort, M. Oscar incarne pleinement chaque personnage pour des caméras invisibles. C’est alors le point de départ d’un nouveau récit. Il est le lien entre chaque segment de l’histoire. Par ses multiples travestissements, M. Oscar fait basculer le film d’un genre cinématographique à l’autre, reprenant aussi bien les codes du cinéma fantastique que celui du drame. Il entraîne ainsi l’univers qu’il pénètre dans une métamorphose perpétuelle.

La métamorphose est au cœur de la construction du film. Elle s’y déploie de manière illimitée grâce aux performances d’un acteur, Denis Lavant, et aux possibilités techniques qu’offre le cinéma. M. Oscar – et Denis Lavant – enchaîne les rôles par un brillant exercice de transformisme et de travestissement digne des Fantômas de Louis Feuillade que le film ne peut s’empêcher de citer.

Marina Vaz

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