Found Footage – Le cinéma d’emprunt

Inflation
1927 – Allemagne
3′ – N&B – Sonore
Réalisation : Hans Richter
Rose Hobart
1936 – USA
19′ – N&B teinté – Sonore
Réalisation : Joseph Cornell
A Movie
1958 – USA
11’40 – N&B – Sonore
Réalisation : Bruce Conner
Rythm
1957 – USA
1’09 – N&B – Sonore
Réalisation : Len Lye
La Verifica incerta
1964-65 – Italie
32′ – Couleur – Sonore
Réalisation : G. Baruchello & A. Grifi
The Dance
1970 – Canada
5′ – N&B – Sonore
Réalisation : David Rimmer
Pièce touchée
1989 – USA
15′ – N&B – Sonore
Réalisation : Martin Arnold
Papillon d’amour
2003 – Belgique
4′ – N&B – Sonore
Réalisation : Nicolas Provost
Projection au ciné-club le 07/11/2018

Le terme de « found footage », ou “séquences, enregistrements trouvés”, désigne au cinéma le réemploi d’images à des desseins différents de leur sens originels. Ce procédé prend racine dans les pratiques artistiques des avant-gardes du début du siècle dernier. Images, textes, fragments furent assemblés, ajoutés ou collés jusqu’à former des nouvelles formes artistiques. Le cinéma s’est vite emparé de ce procédé de recyclage artistique, détournant des films et les images de leur destinée première. Depuis les films de montages soviétiques ou Dadaïstes, jusqu’aux recherches de Jean-Luc Godard en passant par de nombreux cinéastes et artistes qui s’y sont entièrement consacrés ou presque ; le recyclage audiovisuel a fait écoles.

Par cette idée simple du réemploi, le « found footage » modifie et métamorphose non seulement l’œuvre cinématographique mais tout le cinéma, puisqu’il remet en question sa pratique. Les lieux de tournage, les acteurs, l’usage de caméras, etc. ne sont désormais plus indispensables.

Quant au film originel, réagencé, transformé, recyclé, il perd son intégrité matérielle, et par conséquences son sens premier. Actualités télévisées, archives familiales ou militaires, vidéos de surveillance… Tout peut devenir cinéma dans les mains d’un cinéaste-monteur.

La pratique du « found footage » donne parfois à voir les images et leur support sur le même plan ; délaissé de sa trame initiale l’image peut laisser apparaître la pellicule, parfois usée, ou les éléments de montage. Très influente dans l’esthétique actuelle (que ce soit par ses imitations horrifiques, ses utilisations ponctuelles dans un cinéma conventionnel ou son influence sur l’art contemporain) cette pratique ne cesse d’être renouvelée par les images nouvelles à portées de main.

Louis Collier et Juliette Marsan

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