Cinémorphoses – De l’animation graphique

La Libellule
1911 – France
16′ – N&B – Sil.
Réalisation : Jean Comandon
Escamotage d’une dame (chez Robert Houdin)
1896 – France
1’30 – N&B – Sil.
Réalisation : Georges Méliès
Le Déshabillage impossible
1901 – France
2′ – N&B – Sil.
Réalisation : Georges Méliès
Fantasmagorie
1908 – France
2′ – N&B – Sil.
Réalisation : Emile Cohl
Métamorphoses
1912 – France / Espagne
5′ – N&B – Muet
Réalisation : Segundo De Chomon
Une Nuit sur le Mont Chauve
1933 – France
8′ – N&B – Sonore
Réalisation : Alexandre Aleseieff & Claire Parker
Little Rural Riding Hood
1949 – USA
7′ – Couleur – Sonore
Réalisation : Tex Avery
A Man an his Dog out for Air
1962 – USA
3′ – N&B – Sonore
Réalisation : Robert Breer
Cycle
1971 – Canada
5′ – Couleur – Sonore
Réalisation : Suzanne Gervais
Les Possibilités du dialogues
1983 – Tchécoslovaquie
12′ – Couleur – Sonore
Réalisation : Jan Svankmajer
Your face
1987 – USA
3′ – Couleur – Sonore
Réalisation : Bill Plympton
En attendant
2008 – France
3′ – Couleur – Sonore
Réalisation : Richard Nègre
Une seconde par jour
2011 – France
7′ – Couleur – Sonore
Réalisation : Richard Nègre
Paysages intermédiaires
2018 – France
9’30 – Couleur – Sonore
Réalisation : Richard Nègre
Paysages intermédiaires
1969 – USA
4′ – Couleur – Sil.
Réalisation : Pat O’Neill
Projection au ciné-club le 17/10/2018

Le cinéma en général, et particulièrement le cinéma d’animation, est fondamentalement un art du changement.
Pour Georges Sifianos, « les modifications sur la même image et l’enregistrement au fur et à mesure de
ces étapes successives provoquent des métamorphoses » 1SIFIANOS Georges, Esthétique du cinéma d’animation, Paris, Cerf-Corlet, collection 7Art, 2012, p.159-161. Le dispositif de projection, grâce auquel défilent sur l’écran des images à cadence régulière, s’allie à la « synthèse du mouvement image par image » 2WILLOUGHBY Dominique, Le Cinéma graphique, Paris, Textuel, 2009 et donne l’impression que les formes cinématographiques se métamorphosent sous nos yeux.

Pour désigner cette spécificité du cinéma d’animation, Eisenstein adopte le terme de « plasmaticité », qui est            « essentiellement associé à la mutation des formes » 3ESQUENAZI Jean-Pierre, « Ivan le terrible est-il un dessin animé ? Eisenstein, Disney et la plasmaticité. », in CHATEAU Dominique,
JOST François, LEFEBVRE Maurice (dir.), Eisenstein : l’ancien et le nouveau, Paris, Publications de la Sorbonne, 2001, p.104-116
, et que nous pouvons remarquer dans les oeuvres du pionnier Cohl, ensuite imité par Avery, Plympton, Breer ou encore Richard Nègre, comme chez Alexeieff et Svankmajer pour l’animation de volumes. La métamorphose graphique repose donc sur la qualité du lien qui existe entre les images.

Elle peut également dépendre de l’intervalle de temps entre les prises de vue, aussi s’applique-t-elle non seulement au cinéma d’animation mais également au cinéma en vues réelles. Méliès et De Chomon utilisent le « truc à l’arrêt » pour leurs tours de magie métamorphiques, tandis que le cinéaste scientifique Comandon s’en sert pour rendre visible les transformations de la nature.

Le cinéma est le lieu privilégié du mouvement, permettant de rendre vivantes et mouvantes des formes inertes. Par la main de Blackton ou des frères Fleischer, les créatures prennent vie ; par la caméra de Mandico, les natures mortes renaissent.

Julia Dorigny

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