Vedute

31/75 Asyl
1975 – Autriche
8’16 – Couleur – Muet – 16mm
Réalisation : Kurt Kren
C-Trend
1974 – USA
9′ – Couleur – Sonore – Vidéo
Réalisation : Woody Vasulka
Selected Treecuts
1980 – USA
8’15 – Couleur – Sonore – Vidéo
Réalisation : Steina
Après le feu
2010 – France
8′ – Couleur – Sonore – Vidéo
Réalisation : Jacques Perconte
Jaurès
2012 – France
83' – Couleur - Stéréo - HDCAM
Date de sortie France : 3 avril 2013
Réalisation : Vincent Dieutre
Scénario : Vincent Dieutre
Musique : Benjamin Esdraffo
Image : Vincent Dieutre
Avec : Eva Truffaut, Vincent Dieutre
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt2226423
Projection au ciné-club le 08/11/2017

« Une fenêtre sur le monde » : c’est une possible définition du cinéma que Vincent Dieutre tente de respecter à la lettre dans un documentaire réalisé en 2012 sur son histoire d’amour passée avec Simon. Les seules images qu’il montre à son interlocutrice, Eva Truffaut, sont des prises de vue faites à travers la fenêtre de l’appartement de son amant, du côté de la station de métro Jaurès à Paris. L’intérieur est perçu, mais jamais montré, et tout ce que l’on voit se passe de l’autre côté de la vitre : le métro aérien, des voitures, un camp de réfugiés afghans. La fenêtre de Jaurès souligne la séparation entre la société et ceux qui habitent ses marges, au loin et anonymes, bien qu’ils soient présents tout au long du film.

Filmer un extérieur depuis un intérieur n’est bien sûr pas inédit. Parmi d’autres expériences, Kurt Kren superpose sur une pellicule en 16mm, par le truchement d’un carton troué devant l’objectif, les instants de vingt-et-une journées différentes. Woody Vasulka modifie l’apparence vidéographique des éléments circulant dans la rue en les traitant avec le Scan Processor ; alors que Steina manipule les mouvements du vent dans les arbres dans une œuvre historique marquant le passage de l’analogique au numérique. Enfin, Jacques Perconte déploie, à partir d’images prises dans un train sillonnant une campagne dévastée par le feu, un monde de pixels inconnu et hypnotique. Chacune de ces expériences esthétiques permet la contemplation d’un extérieur commun transformé en singularité captivante, « perdant de vue la réalité pour entrer en contact avec sa puissance plastique ». 1OLCESE Rodolphe, L’expérience filmique du monde, Art Press, n°21, 02/05/2011

Salomé Dauffy Maliarevsky

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