The Connection

1962 – USA
110' – 1,37:1 - N&B - Mono - 35mm
Date de sortie USA : 15 février 1962
Date de sortie France : 11 septembre 1996
Réalisation : Shirley Clarke
Scénario : Jack Gelber
Musique : Freddie Redd
Image : Arthur J. Ornitz
Avec : Warren Finnerty, Garry Goodrow, Jerome Raphael, Jim Anderson, Carl Lee...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0054763
Projection au ciné-club le 25/10/2017

Cloitré dans un appartement new-yorkais, ce film de Shirley Clarke nous immerge dans le tournage d’un « documentaire fictif » sur un groupe de jazzmen toxicomanes. Devant la caméra du documentariste, chacun attend avec impatience l’arrivée de Cowboy, le dealer qui fait la « connection » entre tous ces personnages et le monde extérieur.

Le confinement du huis clos renforce l’intériorité des personnages et les tensions intimes. La mise en abyme instaure avec le spectateur une relation de coprésence avec l’action. Le « film à la projection duquel nous assistons, c’est effectivement celui qui est tourné à ce moment même en notre présence » 1GOLFAYN Georges, « Un monde vénéneux », Positif n°45, mai 1962, p.62. Les nombreux regards caméra prennent à témoin le spectateur en attirant son attention sur une face cachée de la société américaine des années 1960, le milieu fermé des junkies. Cette intrusion voyeuriste pose un regard acerbe sur les personnages et nous amène à nous interroger, « la caméra documentaire saccage[ant] l’intimité de ceux qu’elle filme et ébranl[ant] le spectateur » 2MIKLES Lætitia, « Regards caméra, Trois films de Shirley Clarke », Positif n°580, juin 2009, p.79.

Malgré la censure américaine, le premier film de la cinéaste, adapté de la pièce de théâtre de Jack Gelber, aura un impact retentissant, et sera notamment à l’origine de la création de la « Semaine de la critique » au Festival de Cannes. Dans les années 1960, alors que se cherche « un nouveau cinéma « expressif » américain […] » 3BACHMANN Gideon, «Vers un cinéma expressif », Cinéma 61 n°56, mai 1961, p.22, The Connection frappe immédiatement les esprits et ne tardera pas à devenir une référence dans l’histoire du cinéma.

Rémi Llorens

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