Scènes non montées de City Lights / Playtime

Scènes non montées de City Lights
Playtime
1967 – France
115' – 1,37:1 - Couleur - Mono - 35mm
Date de sortie France : 16 décembre 1967
Réalisation : Jacques Tati
Scénario : Jacques Tati
Musique : Francis Lemarque
Image : Jean Badal, Andréas Winding
Avec : Jacques Tati, Barbara Dennek, Rita Maiden...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0062136
Projection au ciné-club le 22/11/2017

Playtime suit les déambulations de touristes américaines et de M. Hulot dans un Paris fait de verre et d’acier, représentatif de ces nouvelles sociétés globalisées qui se répandent partout sur la planète. Jacques Tati, figure emblématique du cinéma comique et burlesque français, s’amuse ici à en faire la satire joyeuse, dix ans après Mon Oncle et à la suite de cinq années d’élaboration.

Malgré les quelques articles négatifs parus à sa sortie et très vite supplantés par un engouement critique certain, Playtime est considéré par beaucoup comme l’œuvre d’un artiste complet, au sommet de son art. Le film est désormais accompagné de sa légende, Jacques Tati ayant subi une véritable déroute financière le menant à hypothéquer sa maison et les droits de l’ensemble de ses œuvres afin de subvenir aux dépenses faramineuses du tournage.

Tati-Ville, ville-décor en taille réelle joue de la dualité entre l’intérieur et l’extérieur qui est partie intégrante du film. Le cinéaste désirait que l’ « on voit […] à la fois les gens qui marchent dans les immeubles et les voitures qui passent dans la rue » 1FIESCHI Jean-André, NARBONI Jean, « Le champ large – entretien avec Jacques Tati », Les Cahiers du Cinéma, n°199, mars 1968, p.19, que « l’intérieur et l’extérieur ne connaissent plus de frontière. » 2EDE François, GOUDET Stéphane, Playtime, Paris, Ed. Cahiers du Cinéma, 2002, p.158. Les espaces se confondent et « présentent une marge d’indéfini » 3EDE François, GOUDET Stéphane, Playtime, Paris, Ed. Cahiers du Cinéma, 2002, p.158 abolissant toutes démarcations, à l’image des appartements-vitrines qui offrent au monde extérieur une vue directe sur l’intimité du foyer. Par ses partis pris de mise en scène et son décor tout à la fois miroitant et transparent, le cinéaste trouble les perspectives et rend à chaque espace son « instabilité de nature » 4EDE François, GOUDET Stéphane, Playtime, Paris, Ed. Cahiers du Cinéma, 2002, p.158.

Romane Bénâtre

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