Le Voyage fantastique

Fantastic Voyage
1966 – USA
100' – 2,35:1 - Couleur - Mono - 35mm
Date de sortie USA : 24 août 1966
Date de sortie France : 13 janvier 1967
Réalisation : Richard Fleischer
Scénario : Harry Kleiner
Musique : Leonard Rosenman
Image : Ernest Laszlo
Avec : Stephen Boyd, Raquel Welch, Edmond O'Brien...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0060397
Projection au ciné-club le 07/03/2018

Dans un climat s’apparentant à celui de la Guerre Froide, un groupe de médecins américains est miniaturisé afin de soigner de l’intérieur le scientifique Jan Benes. Le corps expéditionnaire n’a que soixante minutes pour réussir sa mission, le processus de réduction cessant après ce délai. C’est à travers cette histoire, souvent comparée à 20 000 lieux sous les mers de Jules Verne, que Richard Fleischer nous plonge « dans le plus proche et le plus inconnu des mondes : un corps humain. » 1TREMOIS Claude-Marie, « Le Voyage fantastique », Télérama, n°890, février 1967

Malgré une pauvreté scénaristique dénoncée par la critique, l’aspect plastique et esthétique de l’œuvre est vivement salué. Film le plus coûteux de son époque, les dépenses sont à la hauteur des décors spectaculaires : « Le décor de la veine capillaire faisait 33 mètres de long sur 17 de large […] le cœur 45 mètres sur 10, le cerveau 70 mètres sur 33 […] » 2BOURGOIN Stéphane, Richard Fleischer, Paris, Edilig, coll. Filmo, 1986, p.95-96. Le film remportera d’ailleurs l’Oscar des Meilleurs Effets Spéciaux Visuels et celui des Meilleurs Décors en 1967.

Temporellement intéressant, car la « durée  diégétique  et  la  durée  cinématographique  s’épousent  et  s’identifient » 3CHION Michel, Les Films de science-fiction, Paris, Cahiers du Cinéma, coll. Essais, 2008, p.212 lorsque la miniaturisation débute, le film parvient à donner le sentiment d’une véritable connexion entre l’espace intérieur et l’espace extérieur, comme lorsqu’une paire de ciseaux tombe et provoque une onde de choc sur le vaisseau explorateur, dans l’oreille interne du patient. Mais le film construit également un antagonisme visuel et sonore entre les deux espaces. L’intérieur est organique, chaud et coloré, l’extérieur est machinique, scientifique et froid.

Romane Bénâtre

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