L’Ange exterminateur

El ángel exterminador
1966 – Mexique
95' – 1,37:1 - N&B - Mono - 35mm
Date de sortie Mexique : 22 septembre 1966
Date de sortie France : 1 mai 1963
Réalisation : Luis Buñuel
Scénario : Luis Buñuel
Musique : Raúl Lavista
Image : Gabriel Figueroa
Avec : Silvia Pinal, Jacqueline Andere, Enrique Rambal...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0056732
Projection au ciné-club le 15/11/2017

Un soir dans la ville de Mexico. Une réception mondaine est donnée rue de la Providence par un couple de la grande bourgeoisie. Pour une raison inexplicable, après le dîner, les invités souhaitant prendre congé ne parviennent pas à sortir du salon dont les portes sont pourtant grandes ouvertes. Prisonniers, ils vont demeurer là plusieurs jours, contraints à camper dans cet intérieur luxueux. L’Ange exterminateur est le dernier film tourné au cours de la période mexicaine de Buñuel (1946-1961), avant son retour en Europe. Le film devait initialement porter un autre titre : Les naufragés de la providence, jusqu’à ce que le dramaturge José Bergamin, ami de Buñuel, lui suggère cette référence à l’Apocalypse.

La tonalité de l’œuvre est très différente de celle des films réalisés trente ans plus tôt : Un chien andalou (1929), L’Âge d’or (1930). Cependant, bien que les personnages se comportent de manière relativement plausible et réaliste, la situation d’enfermement, absurde, partage encore quelque chose du surréalisme. Luis Buñuel déclare, simplement : « Ce que j’y vois, c’est un groupe de gens qui ne peuvent pas faire ce qu’ils ont envie de faire : sortir d´une pièce. Impossibilité inexplicable de satisfaire un désir simple […] » 1BUÑUEL, Luis, CARRIERE, Jean-Claude. Mon Dernier Soupir. Paris, Robert Laffont, 1982, 295p..

Cette cohabitation forcée entraîne la disparition des conventions sociales, ici bourgeoises, de toute morale, et une forme de déshumanisation. Le confinement des personnages à l’intérieur d’un lieu extravagant et l’absence de communication avec ceux du dehors, eux-mêmes inactifs et indécis, interrogent virtuellement le spectateur sur son attitude en pareille situation.

Mégane Lelay

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