Johnny s’en va-t-en guerre

Johnny Got His Gun
1971 – USA
111' – 1,66:1 - N&B - Mono - 35mm
Date de sortie USA : 4 août 1971
Date de sortie France : 1 mars 1972
Réalisation : Dalton Trumbo
Scénario : Dalton Trumbo
Musique : Jerry Fielding
Image : Jules Brenner
Avec : Timothy Bottoms, Kathy Fields, Marsha Hunt...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0067277
Projection au ciné-club le 21/02/2018

Dalton Trumbo est écrivain, et l’un des scénaristes les plus courtisés des Etats-Unis lorsqu’il vient à figurer en 1947 dans la liste (noire) des « Dix de Hollywood », ouvrant ainsi la funeste « chasse aux sorcières » et la paranoïa maccarthyste. Trumbo avait notamment été en 1938 l’auteur de Johnny Got His Gun, roman qu’il finira par mettre en images, après la prison, le purgatoire et trente deux années d’attente 1Sa vie sera portée à l’écran en 2015 par le cinéaste Jay Roach : Dalton Trumbo.… L’histoire contée est celle d’un jeune américain sortant de l’adolescence au moment où la Première Guerre mondiale s’approche péniblement de la fin. À peine a-t-il le temps de passer une première nuit avec sa fiancée qu’il est mobilisé. Victime d’un obus le dernier jour du conflit, il se réveille peu à peu dans un corps mutilé, qu’il ne reconnaît pas, et qui ne lui répond plus.

De la guerre nous ne verrons et n’entendrons pourtant rien ; à peine, en ouverture du film, le sifflement du projectile meurtrier. Passés très vite dans l’envers du décor, nous sommes condamnés à endurer le supplice du jeune homme, qu’il ne sait lui-même abréger, « condamné (qu’il est) à vivre » par le corps médical. Devenu aveugle, sourd et muet, et dans l’impossibilité de communiquer avec l’extérieur, il explore les nouvelles limites de son enveloppe charnelle, devenue sa prison. Cette investigation interne, la quête de la plus infime sensation, s’accompagne du vagabondage incessant et déchirant de la pensée, et ne trouve, dans cette implacable solitude, de réconfort que dans le rêve et l’évocation de ses propres souvenirs.

Film « culte » des années soixante-dix, hymne pacifiste réalisé et sorti en pleine Guerre du Vietnam, déflagration glaçante du Festival de Cannes 1971 – où il reçoit le « Grand Prix Spécial du Jury » –, l’œuvre cinématographique connaitra un succès encore plus retentissant que le roman.

Grégoire Quenault

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