Hors-champs

Kid Auto Races at Venice
1914 – USA
7′ – N&B – Muet – 16mm
Réalisation : Henry Lehrman
Avec : Charlie Chaplin
The Girl Chewing-gum
1976 – Royaume-Uni
12′ – N&B – Sonore – 16mm
Réalisation : John Smith
Dog Duet
1974 – USA
2’39 – N&B – Muet – Vidéo
Réalisation : William Wegman
69
1968 – USA
5′ – Couleur – Sonore – 16mm
Réalisation : Robert Breer
Wavelength
1967 – Canada
45' – Couleur - Sonore - 16mm
Date de sortie Canada : 17 mars 1967
Date de sortie France :
Réalisation : Michael Snow
Scénario : Michael Snow
Musique : Tom Wolff
Image : Michael Snow
Avec : Hollis Frampton, Lyne Grossman, Naoto Nakazawa...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0127354
Projection au ciné-club le 28/03/2018

La question du cadre et de ses limites, du champ et du hors-champ, du visible et de l’invisible, traverse toute l’histoire de l’art cinématographique.

Très tôt, le hors-champ est vu comme un effet comique à exploiter. Charlie Chaplin, dans Kids Auto Races at Venice, singe et caricature, avec l’insolence qui caractérise Charlot, les attitudes parfois cabotines des premiers sujets du cinématographe. Dans Dog Duet, William Wegman devient chorégraphe et joue des facultés singulières de concentration visuelle de deux chiens fixant un objet hors-cadre. Avec The Girl Chewing-Gum, John Smith a grandement marqué le cinéma d’avant-garde anglais, réintroduisant le récit à l’époque du material film. Jouant de divers éléments traversant le cadre d’une rue animée, il élabore des situations nouvelles à partir de multiples interprétations. Lesquelles sont encore en question dans Om, où il prend à contre-pied nombre de stéréotypes. Dans 69, Robert Breer, en s’appuyant sur le cadre, fait exister le hors-champ dans de complexes jeux graphiques.

Quant à Wavelength, c’est l’un des films majeurs du cinéma expérimental. Il est, en apparence, constitué d’un seul plan : un zoom avant continu, long de quarante-cinq minutes, partant du plan large d’un appartement pour finir par en isoler quelques centimètres – « c’est l’histoire d’un espace qui diminue dans sa pure potentialité » 1SNOW Michael, in Sitney, P. Adams, Le Cinéma visionnaire. L’avant-garde américaine, 1943-2000, Paris Experimental, Paris, 2002, p.333. Quelques événements narratifs ponctuent régulièrement, en le traversant presque par inadvertance, l’inexorable projet du film. Ce geste interrogeant le médium lui-même, et la tension du cadre avec le champ.

David Nasri et GQ

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