Sweet Sweetback’s Baadasssss Song


1971 – USA
97' – 1,37:1 - Couleur - Mono - 16mm
Date de sortie USA : 23 avril 1971
Réalisation : Melvin Van Peebles
Scénario : Melvin Van Peebles
Musique : Melvin Van Peebles, Earth Wind and Fire
Image : Bob Maxwell
Avec : Melvin Van Peebles, Mario Van Peebles, Simon Chuckster, Hubert Scales
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0067810/
Projection au ciné-club le 01/03/2017

Tandis que Sweetback, un gigolo noir, est arrêté comme faux coupable après un arrangement entre la police et son proxé­nète, il assiste au passage à tabac du black panther Mu-Mu par ses gardes. Personnage jusqu’alors passif, il défend son « frère » face aux policiers blancs. Traqué, il entame alors une traversée des Etats-Unis en tentant de fuir par tous les moyens. Victorieux, combattant et hypersexué, Sweetback incarne le héros noir à laquelle la communauté afro-américaine peut enfin s’identifier dans une Amérique où le mouvement du Black Power s’impose de plus en plus.

Van Peebles réalise avec Sweet Sweetback’s Baadassss Song « un film où les Noirs peuvent sortir la tête haute, au lieu de s’éviter du regard, battus une fois de plus » (1). Il propose un film presque expérimental prenant à contre pied les codes esthétiques classiques en multipliant les effets d’incrustation, de surimpression, de solarisation ou encore de surexposition sur des fonds de musique soul et funk.

Produit, réalisé, scénarisé et interprété par Van Peebles, le film est tourné en 16 mm en seulement un mois avec peu de moyens. Malgré le fait qu’il soit classé X à sa sortie, le film bat tous les records de recette, révélant l’existence des spectateurs afro-américains sur le marché. Hollywood s’empresse donc de s’approprier les codes esthétiques de Sweet Sweetback’s Baa­dasssss Song en réalisant des films comme Shaft ou encore Bla­cula, transformant le caractère émancipatoire du film de Van Peebles en un courant intégré à l’industrie cinématographique: la blaxploitation.

C.P.
(1) VAN PEEBLES Melvin, Sweet sweetback’s Baadasssss Song : journal d’un film, Issy-les-Moulineaux, Pertuis Rouge profond, ARTE éd., 2004p.11

Les commentaires sont clos.