Ne comptez pas sur vos doigts / Ceci n’est pas un film

Ne comptez pas sur vos doigts (No compteu amb els dits)
1967 – Espagne
33′ – N&B – Sonore
Réalisation : Pere Portabella
Scénario : Joam Brossa, Pere Portabella
Musique : Josep Maria Mestres
Avec : Mario Cabré, Josep Centelles, Natacha Gounkevich, José Santamaria, Daniel Van Golden
Ceci n'est pas un film (In film nist)
2010 – Iran
75' – Couleur - Sonore
Date de sortie Iran :
Date de sortie France : 28 septembre 2011
Réalisation : Jafar Panahi, Mojtaba Mirtahmasb
Scénario : Jafar Panahi
Son : Javad Emami
Image : Jafar Panahi, Mojtaba Mirtahmasb
Avec : Jafar Panahi, Mojtaba Mirtahmasb
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt1667905/
Projection au ciné-club le 08/02/2017

La censure amène parfois les artistes à renouveler les formes de leur discipline.

C’est par exemple le cas de Pere Portabella, qui se heurte à la censure imposée par le régime franquiste ; tout d’abord en tant que producteur – notamment du film Viridiana de Luis Bunuel – , puis comme réalisateur. Pour dépasser ces interdits, il décide d’inventer une nouvelle forme de langage cinémato­graphique en rupture avec les codes esthétiques et narratifs tra­ditionnels, et réalise en 1967 son premier court métrage expé­rimental, Ne comptez pas sur vos doigts, co-écrit avec le poète surréaliste catalan Joan Brossa.

Jafar Panahi est pour sa part arrêté par l’Etat Iranien après avoir réalisé de nombreux films qui en dénoncent la politique liberticide, comme Le Cercle ou Le Miroir. La réalisation de films, ou même un départ du pays, lui étant désormais interdits, il cherche lui aussi un moyen de déjouer la censure.
Il finira par tourner en secret en 2010, dans son appartement, Ceci n’est pas un film, avec son ami le réalisateur Mojtaba Mirtahmasb. Le tout sans scénario, sans décor et sans acteur, à l’aide d’une seule caméra numérique et d’un iPhone. Panahi explique, face à la caméra, contourner l’interdiction en réalisant « un film sur un non-film, sur un non-tournage » (1) ; voulant par dessus tout témoigner ainsi, au nom de tous les cinéastes iraniens, des « importantes difficultés [rencontrées par ceux-ci] dans l’exercice de leur profession » (2).

C.P.
(1) Les Echos, 28 septembre 2011
(2) Ibid

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