Perfect Blue

1998 – Japon
80' – 1,85:1 - Couleur - Dolby Digital - 35mm
Date de sortie Japon : 28 février 1998
Date de sortie France : 8 septembre 1999
Réalisation : Satoshi Kon
Scénario : Sadayuki Murai, d’après l’œuvre originale de Yoshikazu Takeuchi
Musique : Masahiro Ikumi
Image : Hisao Shirai (photographie), Hiroyuki Morita (animation et effets visuels)
Avec : Junko Iwao, Rica Matsumoto (japon) Bridget Hoffman, Wendee Lee
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0156887/
Projection au ciné-club le 30/03/2016

Perfect Blue est un thriller psychologique dans lequel « les procédés d’animation ne sont plus ici au service d’une imagination de démiurge, mais de la description d’un état mental, de l’intimité psychique » (1).

Mima, chanteuse, abandonne son groupe et devient actrice dans une série télévisée. Son changement cause l’insatisfaction des fans et de son agent. Anxieuse, elle commence à avoir des hallucinations, voyant une autre Mima, double de son image de chanteuse, qui l’empêche de continuer sa carrière d’actrice.

La confusion d’identité se démultiplie dans les jeux de miroir, révélant la lutte de Mima contre son propre personnage. « Elle rêve d’être une autre, mais pas que cette autre devienne à son tour autonome. L’autonomie des phantasmes (…), c’est déjà ici une menace. Le réel n’existe plus » (2). Parcourant ces illusions, le temps et l’espace se suspendent. Nous sommes à l’intérieur du rêve de Mima qui assemble « des éléments inégalement réels » afin de renvoyer une « construction mentale collective » (3).

La mise en scène et le montage de Satoshi Kon sont à l’image de « la virtuosité incroyable d’un récit où se mêlent réalité et fantasmes, présent et passé, vie et fiction » (4). Certaines scènes se répètent, certains plans sont ambigus, flottant entre plusieurs régimes ; la série télévisée compliquant encore le statut de l’image. Progressivement, avec Mima, c’est le film dans son ensemble qui se perd dans une schizophrénie effrénée.

Yelai Liang
(1)PERE Olivier, « Heavy mental », in Les Inrockuptibles, 1er septembre 1999.
(2) AZOURY Philippe, « Le crépuscule de l’idole », in Les Cahiers du cinéma, n°578, avril 2003, p. 40-41.
(3) HIGUINEN Erwan, « L’animation japonaise après le feu de paille », in Les Cahiers du cinéma, n°586, janvier 2004, p. 69.
(4) RAUGER Jean-François, « Schizophrénie animée », in Le Monde, 9 septembre

 

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