Le Démon des femmes

The legend of Lylah Clare
1968 – USA
130' – 1,85:1 - Couleur - Mono - 35mm
Date de sortie USA : 23 août 1968
Date de sortie France : 16 avril 1969
Réalisation : Robert Aldrich
Scénario : Hugo Butler, Edward DeBlasio, Jean Rouverol, Robert Thom
Musique : Frank De Vol
Image : Joseph F. Biroc
Avec : Kim Novak, Peter Finch, Ernest Borgnine...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0063219/
Projection au ciné-club le 19/11/2014

Tout comme Sunset Boulevard, The Legend of Lylah Clare (traduit par Le Démon des femmes) s’inscrit dans le genre du métafilm hollywoodien. Un célèbre réalisateur se voit convaincre de tourner un film sur sa défunte femme, la star Lylah Clare. Pour l’interpréter, il choisit une débutante : Elsa Brinkmann, sosie parfait de Lylah. Elsa découvre alors l’envers sordide de Hollywood et se glisse dans la peau de Lylah, pour devenir l’une des figures maîtresses de cette industrie: l’actrice poussée vers un tragique destin.

Mais pour Robert Aldrich, cette oeuvre « n’est en rien un film sur la condition de l’actrice […]. Il est l’illustration au premier degré d’une des grandes interrogations contemporaines du cinéma sur lui-même, sur ce contre sens critique qui veut que le cinéma soit la vie 24 fois par seconde. » (1) Dans Lylah Clare, les liens entre la réalité et l’illusion s’entrecroisent et se confondent dans des jeux de miroir. Aldrich met en scène une usine à rêves, hantée par ses malédictions.

Elsa est interprétée par Kim Novak, celle qui endossait, dix ans plus tôt, un autre double rôle dans Vertigo. Aldrich se réfère sans cesse à Hitchcock dans Lylah Clare, jouant avec le spectateur dans un film sur le cinéma et ses légendes.

Teresa Hurtado Escobar
(1) Robert Aldrich dans Roger Viry-Babel, « The Legend of Lylah Clare de Robert Aldrich,1968 », In Revue Française d’études Américaines, n°19, Paris, février 1984, p.115-116.

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