Begotten

1990 – USA
78' – 1,37:1 - N&B - Muet - 16mm
Réalisation : Edmund Elias Mehrige
Scénario : Edmund Elias Mehrige
Musique : Evan Albam
Image : Harry Duggins
Avec : Brian Salzberg, Donna Dempsey, Stephen Charles Barry.
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0101420/
Projection au ciné-club le 11/03/2015

Begotten constitue une oeuvre phare de Merhige, réalisateur notamment de L’Ombre du vampire, retraçant le parcours psychique de l’acteur Max Schreck incarnant Nosferatu pour Murnau, obsédé par son personnage de vampire. Ainsi, Merhige s’intéresse à la noirceur de l’âme humaine, aux névroses en ce qu’elles comportent de macabre. Begotten entre dans cette dynamique mais s’en détache par l’abstraction progressive de la fiction.

Unique et inclassable, le film repose sur le suicide d’un homme grâce auquel une femme – nommée « Mother of Nature » dans le générique – enfante un jeune homme. La dimension légendaire de Begotten réside notamment dans ces trois entités à la fois créatrices et mortifères. Merhige précise que « le temps dépeint […] est antérieur au langage parlé, la communication s’effectue à un niveau sensoriel » (1). D’où le choix du cinéaste de réaliser un film muet, dépourvu de bande sonore, et où la violence est la seule forme d’expression.

Merhige érige un mythe total. La spécificité technique de la prise de vue lui a permis d’obtenir une image très contrastée et saturée, conférant une aura antédiluvienne et légendaire, comme si le tournage s’était déroulé des millénaires avant l’invention du cinéma. Ce faisant, Begotten propose une version torturée de la création du monde.

Maéva Picard
(1) E. Elias Merhige, Notes, http://www.eddistribution.com/film.php?id_film=69, dernière consultation 1 août 2014.

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