The Ballad of Genesis and Lady Jaye

2011 – France / USA
72' – Couleur / N&B
Date de sortie France : 26 octobre 2011
Réalisation, Scénario, Image :
Musique : Bryin Dall
Avec : Genesis Breyer P-Orridge, Lady Jaye Breyer P-Orridge, Big Boy (Breyer P-Orridge)
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt1821635/
Projection au ciné-club le 09/04/2014

A la rencontre de figures mythiques et fantasques, Marie Losier dresse un étonnant portrait de l’artiste et pionnier de la musique industrielle Genesis P-Orridge et de sa compagne et partenaire de performance Jacqueline Breyer alias Lady Jaye. The Ballad of Genesis and Lady Jaye explore leur univers artistique et passionnel, et retrace sur le ton de la ballade poétique le parcours de leur projet de « pandrogynie ».

Inspirés par le concept littéraire du « cut-up » de William S. Burroughs et Brion Gysin, et portés par leur amour fusionnel, les deux artistes entreprennent en 2003 un processus artistique jalonné d’opérations chirurgicales afin de créer une nouvelle entité issue de leurs corps en dehors des simples considérations de genre : « Le corps n’est qu’une valise dans laquelle nous sommes transportés. La pandrogynie, c’est l’esprit, la conscience » (1).

Marie Losier n’en est pas à son premier coup d’essai. Avec ses premiers films courts autour de Richard Foreman, Guy Maddin ou encore Tony Conrad, elle applique dans ses portraits son propre imaginaire. Les costumes d’oiseau ou de poisson dans un décor à la Méliès permettent à Genesis de sortir de son image très rock’n’roll. Surgit une poésie hors du temps, celle de sa rencontre avec l’artiste.

S’inspirant du cinéma intime et expérimental de Jonas Mekas et de l’underground new-yorkais, la cinéaste compose un portrait par petites touches de ce couple atypique dont elle partage le quotidien et les performances artistiques durant sept ans. Tournant à l’aide d’une caméra Bolex 16mm et des bobines de trois minutes, la réalisatrice saisit sur le vif des instants de vie.

Cette oeuvre maîtrisée par Marie Losier d’un bout à l’autre de sa conception, du tournage jusqu’au montage, lui permet d’atteindre « cette liberté, (…) et ce rapport direct aux corps en parfaite adéquation avec les principes artistiques de ses modèles » (2).

Pauline Bellussi
(1) http://www.epicentrefilms.com/fichier/107/dossier_de_presse.pdf
(2) Stéphane Du Mesnildot, « Je serai ton miroir », Cahiers du Cinéma, n°672,novembre 2011, pp 54-55.

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