Le Dictateur

The Great Dictator
1940 – USA
125' – 1,37:1 - N&B - Mono - 35mm
Date de sortie USA : 7 mars 1941
Date de sortie France : 4 avril 1945
Réalisation : Charles Chaplin
Scénario : Charles Chaplin
Musique : Charles Chaplin, Meredith Willson, Richard Wagner et Johannes Brahms
Image : Karl Struss, Roland Totheroh
Avec : Charles Chaplin, Paulette Goddard, Jack Oakie, Reginald Gardiner...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0032553/
Projection au ciné-club le 18/12/2013

L’idée de ce film vint à Chaplin « après la lecture d’un petit article que quelqu’un avait découpé dans les journaux et lui avait envoyé. C’était un décret bannissant les films de Charlie Chaplin en Allemagne. Le Führer trouvait que Chaplin lui ressemblait trop. » (1) C’est une réalisation difficile qui l’attend, le début du tournage coïncidant à quelques jours près avec le début de la seconde guerre mondiale et les studios refusant de soutenir son projet.

Malgré son interdiction dans plusieurs pays, c’est un succès critique et commercial aux États-Unis et dans le monde entier. Hitler lui-même aurait fait importer des copies et organiser une projection privée du film. Chaplin avouera qu’il « donnerait n’importe quoi pour savoir ce qu’il en a pensé » (2). Pour André Bazin, le discours final du film est une révélation à plusieurs titres : « Dans ce plan interminable et trop court à mon gré, je n’ai retenu que le timbre envoûtant d’une voix et la plus troublante des métamorphoses. Le masque lunaire de Charlot peu à peu disparaît (…). En dessous, comme en surimpression apparaissait le visage d’un homme déjà vieilli, creusé de quelques rides amères, les cheveux traversés de mèches blanches : le visage de Charles Spencer Chaplin. Cette espèce de psychanalyse photographique de Charlot reste l’un des hauts moments du cinéma universel ». (3)

Le fils de Chaplin décrira des années plus tard la fascination de son père envers le dictateur, de par leur ressemblance physique et leur âge, mais aussi de par leurs jeunesses similaires dans la pauvreté : « Père ne pouvait penser à Hitler sans un frisson d’horreur, mais ce personnage le fascinait : « C’est un fou, je suis un comique. Dire que ç’aurait pu être le contraire ». » (4)

Benoît Jego
(1) et (4) Chaplin Jr, Charlie Chaplin, mon père, NRF, Paris, , p.151.
(2) Extrait du documentaire, The Tramp and the Dictator, K. Brownlow, M. Kloft, Allemagne, 2002, 56 min.
(3) André Bazin, « Le mythe de Monsieur Verdoux », Charlie Chaplin, Ed. du Cerf, cité par Emmanuel Dreux, «Le Dictateur : Discours et didactique », L’art du Cinéma, n°13, Décembre 1996.

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