La Chute de la Maison Usher

1928 – France
63' – 1,33:1 - N&B - Muet - 35mm
Date de sortie France : 5 octobre 1928
Réalisation : Jean Epstein
Assitance réalisation : Luis Bunuel
Scénario : Jean Epstein d'après des motifs d'Edgar Allan Poe
Image : Georges Lucas, Jean Lucas
Avec : Marguerite Gance, Jean Debucourt, Charles Lamy, Fournez-Goffard, Pierre Hot, Halma
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0018770/
Projection au ciné-club le 19/02/2014

Figure de l’impressionnisme de la première avant-garde française et l’un des premiers théoriciens (1) du cinéma, Jean Epstein poursuit un idéal d’indépendance et crée en 1926 sa propre société de production qui produira en 1928 La Chute de la maison Usher d’après Edgard Poe.

Le film n’est pas une adaptation à la lettre de la nouvelle du même nom, il s’agit plus précisément d’une « impression en général » (2) du cinéaste sur Poe. Aussi novateur et déroutant que La Passion de Jeanne d’Arc de Dreyer réalisé la même année, ce film est aujourd’hui cité comme la synthèse du travail de recherche formelle et conceptuelle d’Epstein. Dans un hommage au cinéaste, Henri Langlois déclare : « Tout concourt dans ce chef d’œuvre à son unité. La maîtrise absolue du montage, du rythme où le ralenti, les surimpressions, les travellings, la caméra mobile jouent leur rôle et jamais gratuitement : il n’y a pas une image, un procédé technique qui ne soient là pour embellir le film ; ils sont là pour nous impressionner dans le sens le plus noble comme les images et la cadence d’un vers. » (3)

Par sa photographie, ses décors, ses procédés techniques, « sa photogénie » (5), le film Epstein écrit ici un nouveau langage cinématographique, qui se révèle, « le moyen enfin trouvé de produire automatiquement, machiniquement ce mouvement vers la vérité,  » morale »,  » psychique ». » (6) Le portrait de Lady Madeline est traité de façon tout à fait singulière : Epstein fait jouer par Marguerite Gance à la fois le rôle de Lady Madeline et celui de son portrait. Mais finalement « ce que donne à voir Epstein, c’est, en acte, un portrait peint au cinéma » (7) et « en cinéma » (8).

Chloé Sallit
(1) Voir Écrits sur le cinéma : 1921-1953, Jean Epstein, Seghers, Paris, 1974-1975, 2 vol.
(2) Ibid. vol.1, p.201.
(3) Henri LANGLOIS, «Jean Epstein», hommage à Jean Epstein, Cahiers du cinéma, juin 1953, p.23.
(4) (5) (6) et (7) Jacques AUMONT, « Le portrait absent », Le portrait peint au cinéma, Iris n°14-15, automne 1992, p. 143-144.

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