Irène

2009 – France
85' – Couleur - Dolby Digital - DV
Date de sortie France : 28 octobre 2009
Réalisation, scénario et montage : Alain Cavalier en collaboration avec Françoise Widhoff
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt1426368/
Projection au ciné-club le 04/12/2013

Après avoir réalisé au début de sa carrière des films de fiction « traditionnels » et « politiques » (Le Combat dans l’île, 1962 ; La chamade, 1968), Alain Cavalier va peu à peu épurer son cinéma. Il réduit ses équipes techniques et s’inspire de la vie de ses acteurs pour écrire ses films (Le plein de super, 1975 ; Martin et Léa, 1978). Il réalise son premier film autobiographique en 1978 avec Ce répondeur ne prend pas de messages en réaction à la mort de sa femme, Irène Tunc, victime d’un accident de voiture. S’ensuivront La Rencontre (1996) et Le Filmeur (2005) où il passe alors, grâce entre autre à la caméra vidéo, du statut de cinéaste à celui, justement, de « filmeur ».

Le motif du portrait, déjà présent en creux dans son oeuvre, apparaît clairement avec Thérèse (1986), film au décor minimaliste sur Thérèse de Lisieux, puis dans les savoureux Portraits (1991), une série de portraits de femmes aux métiers en voie de disparition, et enfin avec Irène (2009).

Trente-sept ans après la disparition d’Irène, Cavalier « entreprend une expérience des plus grandes profondeurs : consacrer tout son film à une héroïne absente, à une femme aimée invisible, à une morte qui ne vit plus que dans sa mémoire à lui » (1) à travers les objets et les lieux qui lui rappellent sa femme, ainsi que les journaux intimes qu’il écrivait à cette époque. Le cinéaste, filmeur, réalise ici un portrait dans lequel « l’image absente d’Irène irradie tout le film, se projette partout, sur tous les objets. » (2). Il explique à propos de son film : « J’ai l’impression d’avoir atteint ma limite de filmeur. Je ne pourrais pas aller plus loin que de rendre la vie à une disparue » (3).

Manon Guyot
(1) Jean-Michel Frodon, « Irène d’Alain Cavalier », Cahiers du Cinéma, n°645, mai 2009, p.19.
(2) Stéphane Delorme, «Les pages d’Alain », Cahiers du Cinéma, °649, 2009, p.27.
(3) Elise Domenach, entretien avec Alain Cavalier, « Rencontre avec Alain Cavalier : je filme ce que je pourrais
tenir dans mes bras », Positif, n°586, octobre 2009, p.12.

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