Face Value

1991 – Pays-Bas
120' – 1,37:1 - Couleur - 16mm
Date de sortie Pays-Bas : 27 septembre 1991
Date de sortie France : 3 mars 1993
Réalisation : Johan van der Keuken
Montage : Johan van der Keuken
Son : Noshka van der Lely
Image : Johan van der Keuken
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0101849/
Projection au ciné-club le 20/11/2013

Lorsque Johan Van der Keuken réalise Face Value , son oeuvre est déjà forte d’une quarantaine de films tournés depuis 1957 en parallèle de son importante activité de photographe. Pour la plupart des courts métrages, ce sont tous des documentaires dans lesquels il privilégie une certaine expérimentation et une proximité avec ses sujets.

« Libre voyage-montage à travers les autres » (1), Face Value est une galerie de visages qui évoque la période précédant la guerre civile en Yougoslavie et dresse le portrait d’une Europe où l’immigration, le (néo)fascisme et la guerre du Golfe font rage. Ces portraits filmés abordent des sujets tels que l’enfance, le travail, la nationalité ou la mort, et interrogent le thème du regard auquel le cinéaste-photographe a été très attaché depuis son tout premier film, L‘Enfant Aveugle . Il déclare lui-même : « Dans  »Face Value » tout tourne autour du visage et du voir : le désir de se donner à voir soi-même, la peur et le désir de voir l’autre. » (2)

Essentiellement composé de gros plans, le film s’inscrit dans une logique de portrait d’autant plus authentique que l’interview n’est jamais poussée ; le documentariste s’applique à laisser ses modèles libres de décider eux-mêmes des limites qu’ils souhaitent imposer à l’intrusion de sa caméra itinérante, élément grâce auquel l’unité du film peut tenir, corroboré par « la forme du montage qui produit ces segments de vie comme les morceaux d’un même monde ; non certes comme des échantillons représentatifs (spécialité de la télé) mais comme les facettes d’un miroir brisé dont chacun réfléchit le monde à sa façon. » (3)

Johan Van der Keuken touche au but qu’il s’était fixé : « Bien que le titre signifie que le visage et l’âme, l’extérieur et l’intérieur ne coïncident pas, l’enjeu pour moi en faisant ce film a été de trouver, de mettre en valeur et de garder quelque chose de durable dans les visages, dans les êtres. » (4)

Chloé Sallit
(1) et (3) F. Niney, « Et la vie, doc ? », Cahiers du Cinéma, n°447, sept 1991, p. 76-77.
(2) et (4) Johan Van der Keuken, « Face Value, le visage et le voir », Johan Van der Keuken, aventures d’un regard, coll. Cahiers du cinéma, Paris, 1998, p. 177-178.

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