Nostalgie de la lumière

Nostalgia de la luz
2009 – Espagne / France / Allemagne / Chili
90' – 1,85:1 - Couleur - Dolby Digital - 35mm
Date de sortie France : 27 octobre 2010
Réalisation : Patricio Guzmán
Musique : Miranda & Tobar
Image : Katell Djian
Avec : Gaspar Galaz, Lautaro Nunez, Luis Henriquez, Migue, Victor Gonzales...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt1556190/
Projection au ciné-club le 10/04/2013

Patricio Guzmán né en 1941 à Santiago au Chili, étudie de 1966 à 1969 à l’École Officielle de l’Art Cinématographique de Madrid. Après le coup d’état dans son pays et son emprisonnement en 1973, il s’exile à Paris. Cependant, hanté par l’histoire chaotique de son pays, il réalise de nombreux documentaires qui en témoignent : La Bataille du Chili, film en trois parties de 1975 à 1979, Le Cas Pinochet (2001), Salvador Allende (2004). Dans les années 1990 il réalise Chili, la mémoire obstinée (1997), film qui pourrait être le crédo du réalisateur, tant ses films ont toujours pour sujet son pays et la remémoration des événements traumatiques. Le dernier, Nostalgie de la lumière (2010), a pour décor le désert d’Atacama, qui se situe au nord du Chili, entre la fosse océanique d’Atacama et la Cordillère des Andes.

Ce désert est connu pour être le plus aride de la planète, mais aussi un site d’observation du ciel exceptionnel, puisque c’est à cet endroit de la terre qu’il y est le plus dégagé. Patricio Guzmán met en rapport ce centre d’observation (ESO, Observatoire De La Silla) qui peut « voir » à travers le ciel si facilement et un sol qui lui est impénétrable malgré toute la technologie présente. Ce sol est pourtant aussi chargé d’histoire du passé que les étoiles, puisque peuplé de dizaines de milliers de corps de prisonniers enterrés pendant la dictature. Vingt-huit années après, les familles viennent encore et toujours y creuser dans l’espoir de trouver les restes de leurs proches : « Les veuves et descendants des victimes de la dictature s’obstinent aussi à mettre en lumière ces individus oubliés, à l’époque portés “disparus”, dont les dépouilles sont aléatoirement dispersées aux quatre vents du désert. Travail de deuil aussi inlassable et infini que la recherche astronomique. » (1)

Joanne Zaoui
(1) KAGANSKI Serge, « Nostalgie de la lumière », Les Inrockuptibles, 26/10/2010.

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