Mulholland Drive

2000 – USA
146' – 1,85:1 - Couleur - Dolby Digital - 35mm
Date de sortie USA : 6 octobre 2001
Date de sortie France : 21 novembre 2001
Réalisation : David Lynch
Scénario : David Lynch
Musique : Angelo Badalamenti
Image : Peter Deming
Avec : Naomi Watts, Laura Elena Harring, Justin Theroux, Ann Miller, Mark Pelligrino, Dan Hedaya...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0166924/
Projection au ciné-club le 19/12/2012

A l’origine du récit du film, il y a l’enlèvement de Rita, suivi d’un accident de voiture qui entraine l’amnésie de la jeune femme brune (Laura Helena Harring). Elle rencontre la blonde Betty (Naomi Watts), jeune actrice montante à Hollywood qui décide de l’héberger. Cette disparition de la mémoire est un embrayeur de fiction : c’est parce que Betty se met en tête d’aider Rita à se reconstruire, que le récit va naître.

Le motif de la disparition est au centre du film même, depuis la séquence d’ouverture pré-générique montrant des danseurs : « le dédoublement, le leurre, la formation et la disparition des couples : tout l’appareillage thématique du film est ramassé en un plan. » (1) En effet on peut voir le film comme la chronique d’une rupture, le milieu du cinéma en est ici un catalyseur – c’est une des nombreuses références du film de Lynch au Mépris de Godard. Les deux films ont en commun de mettre en évidence l’impossibilité de montrer le basculement d’un état amoureux à l’autre. C’est là la grande disparition du film de Lynch, celle des sentiments de Rita/Camilla pour Betty/Diane.

La mise en scène ne peut alors que faire le choix de la juxtaposition de deux états différents, et de l’ellipse. Le récit, tel un ruban de Moebius dont les deux faces sont interchangeables et équivalentes, subit une réinitialisation, faisant d’un couple amer deux personnes qui viennent de se rencontrer. Si David Lynch raconte des histoires « qui sont hantées par cette possibilité de se voir remplacé » (3), Mulholland Drive est celle d’une histoire d’amour hantée par la possibilité de disparaitre.

Pauline Ginot
(1) (2) LALANNE Jean-Marc, « La disparition des couples », Les Cahiers du Cinéma n°562, novembre 2001, p.28.
(3) LALANNE Jean-Marc, JOYARD Olivier, « Lynch et « HHH », l’autre avant garde», Idem.

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