L’Homme invisible

The Invisible man
1933 – USA
71' – 1,37:1 - N&B - Mono - 35mm
Date de sortie USA : 13 novembre 1933
Réalisation : James Whale
Scénario : R.C. Sherriff, d’après le roman de H.G. Wells (1897)
Musique : Heinz Roemheld
Image : Arthur Edeson
Avec : Claude Rains, Gloria Stuart, William Harrigan, Dudley Digges, Una O’Connor, Forrester Harvey...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0024184/
Projection au ciné-club le 31/10/2012

Dans l’adaptation cinématographique du roman de H.G. Wells par James Whale en 1933, l’univers fantastique littéraire trouve un équivalent visuel. Après avoir réalisé Frankenstein en 1931, et ouvert la brèche des films d’horreur fantastique (avec Dracula de Tod Browning en 1931), Whale prend le pari de filmer l’invisible et de lui donner un visage.

Lorsque Griffin, le protagoniste, enlève ses vêtements et devient invisible, il disparaît de l’écran, donc du regard du spectateur. Le hors-champ prend alors toute son importance puisque Griffin n’est jamais dans le cadre mais donne l’impression constante de le traverser : « Le hors-champ fait partie intégrante de l’espace filmique et pose directement la problématique de ce qui est montré et de ce qui ne l’est pas. Le hors-champ est donc avant tout un procédé stylistique visant à dramatiser une séquence dans la mesure où chaque élément relatif à l’histoire stimule l’imagination du spectateur dès l’instant où il donne l’impression de se dérober à sa vue. » (1)
Le cinéma représente un outil formidable pour exprimer l’invisibilité dans la narration, mais également en tant que procédé : « Techniquement: ne pas soustraire ou ajouter un objet, un corps, pendant l’arrêt de la caméra. Mais entourer une partie du corps d’une couche supplémentaire (du velours noir), une couche qui a à voir avec la lumière (qui ne veut pas la voir). Et tout devient affaire de superposition (…) L’invisibilité n’est pas une simple disparition, mais une disparition dans la présence. » (2)

Le film explore par ailleurs le côté scientifique relatif à l’invisibilité très présent dans le roman de Wells, qui, à l’époque ne relevait que de l’imaginaire collectif et d’une mythologie.

Juliette Canon
(1) AGUIRRE Sylvie, L’Ombre de la caméra : Essai sur l’invisibilité dans le cinéma hollywoodien, Paris, L’Harmattan, 2002, p.44.
(2) LESPIAU David, « Les formes de la disparition », Cinéma, n°10, automne 2005, p.7-8.

Les commentaires sont clos.