Chronique d’une disparition

Segell ikhtifa
1996 – Israël / Palestine / USA / Allemagne / France
88' – Couleur
Date de sortie France : 8 avril 1998
Réalisation : Elia Suleiman
Scénario : Elia Suleiman
Musique : Alla Abed Azria
Image : Marc- André Batigne
Avec : Elia Suleiman, Ula Tabari, Nazira Suleiman, Fuad Suleiman, Jamal Daher...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0115895/releaseinfo
Projection au ciné-club le 05/12/2012

Réalisé en 1996, Chronique d’une disparition est le premier long métrage d’Elia Suleiman. Nazareth, la plus grande ville arabe du pays, où il est né en 1960, est le décor de la première moitié du film. Chargée d’histoire religieuse, cette ville se divise en deux quartiers – l’un juif et l’autre arabe – c’est de ce dernier dont il est question dans Chronique d’une disparition.

Elia Suleiman, aux allures de Buster Keaton, joue, dans son propre film, le rôle d’un cinéaste qui revient des Etats-Unis pour faire un film dans son quartier natal. Cela constitue le premier chapitre du film, « Nazareth – Journal intime », jouant avec les codes du documentaire, simulant une improvisation, bien chaque scène, chaque situation aient été écrites.Dans la seconde partie, « Jérusalem – Journal politique », le décor change et le film se défait de ses atours de «faux documentaire». Elia Suleiman met en lumière la complexité d’être arabe en Israël. Ici il est question de la disparition de l’identité arabe, en particulier palestinienne.

La première partie du film est une chronique de la vie dans un village arabe; la seconde suit une jeune femme qui ne trouve pas d’appartement parce qu’elle est arabe. Plus tard, elle met en scène sa disparition physique. Les événements du film eux-mêmes ne sont pas figés, ils apparaissent, s’évanouissent puis reviennent dans une sorte d’évanescence. De même, le drapeau palestinien surgit parfois dans le cadre avant de s’effacer. L’identité palestinienne disparaît de manière chronique. Ses deux films suivants, Intervention divine (2002), Prix du Jury du Festival de Cannes, et Le Temps qu’il reste (2009) traitent également de la schizophrénie de l’identité israélo-palestinienne.

Joséphine Méreuze

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