Rencontre dessin / prise de vue réelle

Autour d’une cabine
1895 – France
6′
Réalisation : Emile Reynaud
Humorous Phases of Funny Faces
1906 – Grande Bretagne
3’30
Réalisation : James Stuart Blackton
L’Avenir dévoilé par les lignes de pieds
1914 – France
5′
Réalisation : Emile Cohl
Gertie the Trained Dinosaur
1914 – USA
12′
Réalisation : Winsor Mc Cay
Out of the Inkwell : Tantalizing Fly
1915 – USA
4’21
Réalisation :  Dave et Max Fleischer
Koko dessinateur
1924 – USA
7’53
Réalisation :  Dave et Max Fleischer
Alice and the dog catcher
1924 – USA
12’30
Réalisation : Walt Disney
Projection au ciné-club le 15/02/2012

« C’est un peu plus d’un siècle en arrière que l’on retrouve les premiers balbutiements de l’animation, qui s’ap­pliquent d’ailleurs aussi bien au cinéma qu’au dessin animé, puisque la seule préoccupation des personnes qui entreprirent les recherches étaient de recréer le mouvement. » (1) Le Phé­nakistiscope, le premier appareil reconstituant un mouvement complet, est inventé en 1832 par un Belge, Joseph Antoine Plateau. Le cinéma graphique, qui demande un travail long et fastidieux image par image, apparaît par la suite : « ces films ont donné naissance aux formes dominantes du cinéma. C’est ainsi que ces pionniers ont, aujourd’hui, leur place dans l’his­toire du cinéma ; même si en leur temps, ils furent considérés comme des amuseurs spécialisés dans les films de farces et attrapes. » (2)

L’arrivée de l’industrie, imposant des principes de rationalisation et de rentabilité, va bouleverser les pratiques. Les distributeurs deviennent plus exigeants et les techniques industrielles modernes sont appliquées au cinéma d’animation en vue d’un meilleur rendement . En 1877, Emile Reynaud apporte des modifications au système du Zootrope, donnant naissance au Praxinoscope, qui, « dès 1880, présente la pre­mière séquence de mouvement dans une forme proche du ci­néma. » (3) De toutes ses créations, Pauvre Pierrot et Autour d’une cabine (1895) sont les deux seules pantomimes encore existantes aujourd’hui.

James Stuart Blackton, qui en 1896 exerce le métier de dessinateur express, réalise des films dans lesquels « les dessins s ‘animent par quelque procédé extra­ordinaire. » (4) Dans Humourous Phases of Funny Faces les effets employés fascinent le public et intéressent les pro­ducteurs français.

Les films d’Emile Cohl, caricaturiste, photo­graphe et scénariste français, regroupent des dessins, des pho­tographies, des découpages et des objets. Ses créations allient les prises de vues réelles et des dessins animés « sur le mode humoristique » (5), comme Les Joyeux microbes (1909) qui pastiche la forme du film scientifique ou L’Avenir dé­voilé par les lignes du pied (1917).

Winsor Mc Cay fut le premier à rompre « avec le style expressionniste traditionnel des bandes dessinées pour créer un graphisme original . » (6) Il réalise Little Nemo, son premier film en 1911, mais Ger­tie the Trained Dinosaur (1914) reste le plus célèbre. Il est projeté pour la première fois au Palace Theater de Chicago : « le public est conquis, l’animation entre dans le domaine de la perfection. » (7)

Dave et Max Fleischer inventent une nouvelle technique brevetée en 1915, la Rotoscopie : « Cette technique permet de doter les personnages dessinés de mou­vements réalistes, tout en économisant la réflexion et le travail de synthèse des mouvements , au prix d’un laborieux retraçage image par image. » (8) Dans leurs films comme Tantalizing Fly ou la série des Koko le Clown (produit par leur société Out of the Inkwell), on trouve une interaction avec le personnage dessiné et son créateur.

Dans les années 1920, Walt Disney réalise une série de films, les Alice Comedies dans lesquels une actrice réelle est introduite dans le dessin animé, « mais ces systèmes présentaient des contraintes lourdes, voire des contradictions, qui bridaient les potentialités du pur dessin animé pour des résultats finale­ment limités. » (9)

Clémence Jacquot
(1) et (7) Alain Duchêne, Walt Disney n’est pas mort !, Lausanne, Favre, 1989, p.1 3 et 20.
(2), (3) et (6) Roger Noake, Animation, du dessin animé à la vidéo : toutes les tech­niques du film d’animation, Grenoble, Glénat, 1989, p. 9 et 10.
(4), (5), (8) et (9) Dominique Willoughby, Cinéma graphique, une histoire des des­sins animés : des jouets d ‘optique au cinéma numérique, Paris, Textuel, 2009, p. 27, 90 et 197.

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