Ma nuit chez Maud

1969 – France
110' – 1,37:1 - N&B - Mono - 35mm
Date de sortie France : 4 juin 1969
Réalisation : Eric Rohmer
Scénario : Eric Rohmer
Son : Jacques Maumont, Jean-Pierre Ruh
Image : Nestor Almendros
Avec : Jean-Louis Trintignant, Françoise Fabian, Marie-Christine Barrault, Antoine Vitez...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0064612/
Projection au ciné-club le 02/11/2011

Ma nuit chez Maud, troisième volet des Contes Moraux, est une suite de rencontres : en 1h45, il en survient près d’une dizaine, presque toutes fortuites. La vie de Jean­ Louis (Jean-Louis Trintignant) « n’est faite que de hasards », comme il le dira à Françoise (Marie-Christine Barrault), une jeune femme aperçue à la messe et dont il ne cesse de croiser le chemin, ce qui le conforte dans son choix de l’épouser : pour lui, deux êtres ne peuvent s’aimer que s’ils y sont prédestinés .

Le thème de la foi est central ici : religieuse, amoureuse, toutes deux suivent la même logique, celle du pari de Pascal, dont Jean-Louis discute avec Vidal (Antoine Vitez), un ancien ami retrouvé par hasard, lors d’une scène clé du film. Ce pari est énoncé ainsi dans les Pensées : « Dieu est, ou il n’est pas. Mais de quel côté pencherons-nous ? [ …] Si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien . Gagez donc qu’il est, sans hésiter! » (1) Ainsi de l’amour idéal, sur lequel Jean-Louis mise avec Françoise. En s’accrochant à ce principe, il trouvera la force – toute relative – de résister aux avances de Maud (Françoise Fabian), une femme athée et critique envers le mariage … et c’est quand il cesse pour une fois de réfléchir que Jean-Louis est capable d’aborder Françoise dans la rue. En somme, la rencontre, pour Rohmer, tient un peu du miracle, comme il le fait dire à son héros : « Nos trajectoires ordinaires ne se rencontrant pas, c’est dans l’extraordinaire que se situ­ent nos points d’intersection. »

Ma nuit chez Maud fut le plus grand succès commercial de Rohmer, et qui le fit réellement connaître. Si certains journalistes questionnèrent la qualité ci­nématographique de ce film très dialogué, le film fut toutefois nominé à Cannes et deux fois pour les Oscars.

Hervé Deswattenne
(1) Blaise Pascal, Pensées, Saint-Amand-Montrond, Pocket, 2003, p. 81.

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