Palombella Rossa

1989 – Italie
86' – Couleur - Mono - 35mm
Date de sortie Italie : 15 septembre 1989
Date de sortie France : 29 novembre 1989
Réalisation : Nanni Moretti
Scénario : Nanni Moretti
Musique : Nicola Piovani
Image : Guiseppe Lanci
Avec : Nanni Moretti, Silvio Orlando, Mariella Valentini, Alfonso Santagata, Claudio Morganti, Asia Argento...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0098055/
Projection au ciné-club le 11/05/2011

Le personnage de Michele Appicella, interprété par Nanni Moretti lui-même, apparaît dans ses films dès Je suis un autarcique en 1976, lui servant à exprimer son point de vue sur la gauche italienne. Nous le retrouvons dans Palombella Rossa, où Michele, jeune dirigeant communiste et joueur de water-polo perd la mémoire à la suite d’un accident de voiture.

Mêlant sans cesse les interrogations politiques du personnage à ses difficultés existentielles, liées à son enfance, Nanni Moretti a pour objectif de « s’opposer à la morale dominante, au consensus. » (1) Le film se déroule autour d’une piscine, lieu métaphorique des confrontations politiques, le temps d’un match, où l’on suit les rencontres de Michele avec des personnages incarnant des figures symboliques des années 70 (« Tu ne penses qu’à toi-même, tu es comme eux… », lui disent deux gauchistes autour de la piscine). Les flashbacks lui permettent de se souvenir de son passé et de s’interroger sur ses choix de vie personnelle, ses orientations politiques en tentant de les remettre en question. L’amnésie est un moyen pour le personnage de prendre conscience des mécanismes qui régissent la pensée communiste et de le forcer à ne pas penser selon ceux-ci.

Palombella rossa pose un regard critique sur la société italienne contemporaine, « la «culture médiatique» (…) le renoncement idéologique et moral, la pseudo « modernité »» (2), soulevant une vaste polémique dans les média italiens, de plus en plus gérés par les mouvements libéraux.

Hélène Ebah
(1) Propos de Nanni Moretti recueillis par Serge Toubiana, Cahiers du cinéma n°425, novembre 1989, p.23.
(2) Serge Toubiana « Le regard moral», idem, p.20.

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