Le Roi des enfants

Hai Zi Wang
1986 – Chine
115' – Couleur - Mono - 35mm
Date de sortie France : 31 mai 1989
Réalisation : Chen Kaige
Scénario : Chen Kaige, Wan Zi d’après le roman d’Ah Cheng
Musique : Qu Xiaosong
Image : Gu Changwei
Avec : Xie Yuan, Yang Xuewen, Chen Sahohua, Zhang Caimei ...
Fiche Imdb : http://www.imdb.com/title/tt0093133/
Projection au ciné-club le 04/05/2011

Chen Kaige appartient à la cinquième génération du cinéma chinois qui désigne les premiers cinéastes formés à l’Académie du Cinéma à Pékin en 1978 après la révolution culturelle. Le Roi des enfants, son troisième film, est inspiré de sa propre expérience de « rééducation » dans la campagne chinoise lors de la révolution culturelle, ainsi que celle de l’auteur du roman, Ah Cheng, dont est tiré le film.

Le Roi des enfants se situe en 1973, après la réouverture des écoles. Le personnage principal surnommé « l’Echalas », après sept ans passés à travailler dans les champs, est désigné pour remplacer un instituteur dans un village. Il découvre que ses élèves ne possèdent aucun livre de classe puisque le système en vigueur exige qu’ils recopient le manuel du maître. « Plutôt que de faire répéter aux enfants des slogans politiques, il veut les affranchir de la pression idéologique et les rendre autonomes (…) il est le porte parole de Chen Kaige, qui prône là une nouvelle pédagogie. » (1) Chen Kaige précise : « La passivité semble intégrée à notre enseignement. […] On répète, on ressasse, rien n’est fait pour éveiller la curiosité – qui pourrait susciter la dissidence. » (2) L’Echalas s’applique alors à leur prodiguer un enseignement plus efficace, en dehors des normes, inventant un nouveau langage, mais se confrontant aussi à ses propres limites dues à son inexpérience et à la domination d’une certaine culture et des idéologies qui favorisent le groupe au détriment de l’individu.

Noriko Akagi
(1) Jean-Paul Aubert, « La cinquième génération : Chen Kaige », Cahiers du Cinéma n°406, avril 1988, p.48-51
(2) Henri Béhar, « Chen Kaige la critique de l’obéissance », Le Monde, 18/05/1988

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